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05/12/2014

Journée ordinaire

Ce matin Colleen a organisé une formation pour les meymeys concernant le nourrissage.  Elles connaissent très bien la théorie, pourquoi il faut nourrir les enfants dans une position élevée et quelles peuvent être les conséquences si on ne le fait pas.  Seulement voilà : il y a la théorie et il y a la pratique.


cambodge,humanitaireA 11 heures les mamans reviennent de leur réunion et leurs visages en disent long.  C'est l'heure du déjeuner.  Tous les enfants sont restés dans leurs fauteuils roulants.  Je surprends deux des mamans en train de rire sous cape devant un Sey Ha qui se tortille dans son fauteuil.  "Alors, c'est Colleen qui va lui donner à manger?"  Après m'être occupée d'une fille qui mange bien, je m'approche de Sey Ha pour lui donner sa gamelle de riz, mais après seulement deux bouchées j'abandonne.  Je prends sur moi de le sortir de sa chaise roulante et je m'installe confortablement par terre avec Sey Ha sur les genoux.  Les mamans ont le sourire et elles m'apportent des coussins pour soutenir mon genou gauche.  Malgré toute théorie il faut rester pragmatique et respecter l'intérêt de l'enfant.

Ensuite nous avons une réunion de travail avec l'équipe du Brave Heart.  Le médecin voudrait avoir une chambre réunissant tous les enfants qui ont des problèmes pour manger.  Marie et moi sommes contre.  Ce sera trop dur à gérer pour les mamans et il n'y a pas toujours assez de volontaires pour aider.  En plus il faudrait les former.  A midi un de nos garçons volontaires ne savait pas très bien comment s'y prendre.  Il lui manque l'expérience ou le feeling d'une maman.  Nous optons donc plutôt pour la solution d'avoir plus de nourriture spéciale pour les enfants qui en ont besoin mais qu'on leur donnera dans leurs chambres.

Nous parlons finances et budget.  Srey Peuv nous explique le fonctionnement de la nouvelle équipe.  Les deux cousines ne veulent pas se contenter du budget réduit d'avant et misent sur le soutien des sponsors pour engager plus de personnel et améliorer ainsi le sort des enfants. 

Ensuite nous signalons le problème des chaises roulantes.  Beaucoup en ont des pneus crevés.  On nous explique qu'il y a deux sortes de chaises roulantes : celles fournies par le Cambodian Trust et des japonaises.  Quant au Cambodian Trust on leur amène les chaises et ils les réparent.  Pour les chaises japonaises, par contre, on ne trouve pas de pièce de rechange et donc elles deviennent inutilisables.

cambodge,humanitaireNous avons dans notre groupe une petite fille bien dégourdie.  Elle a cinq ans et vie chez sa tante à l'orphelinat.  Elle vient du Rattanakiri, une province tout au nord vers la frontière vietnamienne.  La tante n'a pas d'argent pour l'envoyer à l'école, alors nous avons décidé de la sponsoriser.  L'écolage coûte 15 $ par mois plus 5 $ pour le transport et les fournitures.  Nous avons également donné un petit billet pour acheter l'uniforme obligatoire au prix de 15 $ et un cartable.  C'était trop chou de voir la petite Ly Saa si heureuse et fière.  Je suis sûre qu'elle va bien travailler à l'école.  Ce qui était également touchante à voir était la joie partagée des autres mamans.

Le soir sur le retour notre tuktuk subit une crevaison, juste sur la route où il y a le plus de trafic et de poussière.  Mais au Cambodge les réparateurs de motos ne sont jamais loin.  Il vérifie la chambre d'air et trouve trois trous.  Alors il faut changer la chambre d'air.  Monsieur Tom découpe l'ancienne qu'il enfile ensuite comme protection supplémentaire à l'intérieur du pneu.  C'est pas bête.  A cette occasion j'aperçois le profil quasiment lisse du pneu avant de sa moto.   

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