UA-70828429-1 UA-70828429-1

07/01/2015

Tannbach - Un village partagé

En ce moment la télévision allemande diffuse un film sur l'histoire de Tannbach et le destin de ses habitants qui sert de toile de fond pour un schéma de la vie allemandeCe film fictif raconte l'histoire d'un village réel, Mödlareuth, situé à cheval entre la Thuringe et la Bavière.  Après le 2e Guerre Mondiale le village fut coupé en deux par un mur de trois mètres de hauteur.  "Little Berlin"- c'est sous ce nom que le village trouvera une triste popularité dans le monde. 

 


tannbach.jpgAu début du film, aux derniers mois de la guerre, une jeune comtesse se brouille avec sa mère et s'enfuit à cheval.  Dans la forêt elle est agressée par deux hommes, puis sauvée par son père déserteur qui se cache dans une cabane.  La fille l'implore de l'accompagner à la maison car elle a peur.  Le père cède.  Sur le chemin il sont observés par un Nazi qui veut se venger du comte.  Il va le dénoncer à un jeune officier SS qui part aussitôt avec ses hommes pour arrêter le comte.  Mais la comtesse se met dans leur chemin pour protéger les réfugiés qui se trouvent sur son domaine autant que son mari.  Elle sait que les Américains sont sur le point d'arriver dans le village. Fait-elle prevue de courage ou de fierté mal place, ou a-telle juste mal évalué la situation?  Elle tombe sous les balles des Nazis juste au moment où les Américains arrivent sur le domaine.  Qui est le fautif?           La fille, le père, la mère, le Nazi?

La mère du jeune SS dénoncera plus tard son propre fils car elle ne supporte pas ce qu'il est devenu.  Une autre jeune femme cache un garçon juif prétendant que c'est son fils.  Quand les Américains projetent un film sur le camp de Buchwald dans un silence horrifié des villageois, elle avoue en pleurant qu'elle a vu les parents partir au camp sans bouger un doigt pour les aider.  C'était plus facile de se voiler les yeux.  Les Américains essaient de "dénazifier" le village.  En même temps ils embauchent un Nazi opportuniste comme informateur, tout en le sachant, parce qu'il leur est utile. 

Puis arrivent les Russes et la situation change encore.  Après un marchandage raté avec les Américains le village sera coupé en deux.  D'abord les passages d'un côté à l'autre sont encore possibles, puis les Russes ferment la frontière.  Les familles seront séparées pour de longues années au gré du hasard d'une journée.  La propriété du comte se trouve sur le côté russe, la maison du socialiste inconditionnel sur le côté américain.  Le comte est exproprié et toute sa terre redistribuée.  Il part à l'ouest, désemparé, tandis que sa fille choisit de rester avec son mari communiste-idéaliste à l'est.  Le régime ex-Nazi est aussitôt remplacé par un régime communiste sous la tutelle Russe.  A les regarder agir on se demande où est la différence, à part le fait qu'on se salue désormais avec "camarade".  Les habitants de l'ex-RDA n'ont vraiment pas eu la vie facile!

La guerre, l'évasion, la résistance, l'amour et la séparation se poursuivent tout au long de ce film en trois parties.  Ce qui me plait personnellement ce sont les multiples nuances de gris.  Même les "gentils" ont leur côté obscure qui les hante.  Chacun porte sa part de responsabilité et de culpabilité. 

La troisième partie du film passe ce soir à 20h15 sur ZDF.

 

Les commentaires sont fermés.