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06/03/2015

"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune"

cyrano_de_bergerac.gifQui n'a pas entendu parler de Cyrano de Bergerac ou vu le film avec l'incomparable Gérard de Depardieu dans le rôle du Cyrano.  Mais ce héros du drame d'Edmond Rostand a véritablement existé. Savinien de Cyrano, dit de Bergerac, est un romancier du 17e sicècle du libertinage intellectuel.


 136738_2.jpgLa scène intimiste du Châtelard à Ferney-Voltaire formait hier soir le cadre parfait pour  une représentation à la lueur de bougies de "L'autre Monde ou les États et Empires de la Lune" (vous trouverez le texte intégral sous ce lien) dudit Cyrano dit Bergerac. Certains trouveront la mise en scène faite et interprété par Benjamin Lazar peut-être démodée (à la manière baroque avec maquillage en blanc et prononciation à l'ancienne).  Mais ne perdons pas de vue qu'il s'agit ici du premier roman français de science-fiction, bien à la hauteur d'un Jules Vernes mais deux siècles plus tôt.  C'est simplement fascinant! 

Conçu dans la forme d'un conte, Benjamin Lazar nous entraîne dans son monde magique où les quelques objets sur  la scène se transforment tour à tour pour devenir machine volante, dragon de feu, prison et bien plus.  La déclamation, la gestuelle et les interludes musicaux sont bien du 17e siècle, mais le texte qui nous provident d'un autre siècle est truffé de références et réflexions tout à fait actuelles.

L'autre monde c'est d'abord le nouveau monde ou plus précisément le Canada, puis le narrateur part même sur la lune.  Il y rencontre différentes personnages avec lesquelles il aborde toutes sortes de sujets et il nous fait part de ses observations. Les gens qui vivent sur la lune marchent par exemple à quatre pattes et considèrent le terrien comme un animal.  Quelle est alors la vérité?  Celle de nous terriens ou celle des habitants de la lune?

En bravant les foudres de la religion et l'idée de la résurrection l'auteur nous parle d'esprits qui squattent des corps fraîchement décédés comme habitacle pour prolonger leur propre existence. Le narrateur se fait un malin plaisir d'énoncer tout genre de pensées hérétiques pour l'époque, en les prêtant à un personnage qui trouvera sa juste punition à la fin. Qui alors pourra le punir pour avoir dit ce qu’il n’a pas dit ? C'est malin, non?

Si un jour vous avez l'occasion d'aller voir cette pièce, faites le.  Même si une heure quarante est un peu long et qu'on décroche parfois, cela vaut la peine!  Lire le texte avant pourrait certainement aider. En tout cas c'est une pièce pleine de poésie avec un jeu d'acteur remarquable.

 

 

 

17:47 Publié dans Culture | Tags : théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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