UA-70828429-1 UA-70828429-1

01/08/2015

Sommes-nous maître ou victime de notre destin?

destin,pelléasHier soir j'ai eu la chance d'assister à la dernière représentation de "Pelléas et Mélisande" de Claude Debussy dans le cadre du festival Europa Musa à Samoëns.  Un orchestre symphonique de cinquante jeunes professionnels, dont la plupart ne se connaissait pas encore il y a trois semaines, en symbiose avec des chanteurs touchants.  Dans les rôles principaux Richard Bousquet, Sofie Garcia et Aurélien Pernay.  Trois heures de magique intense.

Pourtant la musique n'est pas spectaculaire comme dans un opéra italien.  Tout est en demi-teintes.  Les chanteurs ne peuvent pas montrer les prouesses vocales auxquelles nous sommes habitués.  Mais quel défi pour eux d'assurer trois heures de récitatif!   On aime ou on n'aime pas.  Moi, j'ai adoré!   En plus, c'est peut-être le seul opéra où on a la chance de comprendre chaque mot du texte.  Un vrai régal pour tous les yeux et les oreilles!


La musique de Debussy nous transporte directement dans le monde magique de notre cerveau droit, aux associations et rêves.  Il n'y a pas la rigueur du noir et blanc comme chez Beethoven, mais des nuances de teintes infinies comme le soleil couchant les crée sur la forêt.   Le programme du spectacle nous suggère que la musique est un peu à l'image des personnages perdus dans les brumes d'un rêve qui ne s'arrête pas, qui se dit sur des mots doux et allusifs, au rythme d'une musique hypnotique qui en serait leur miroir trouble.

Pelléas et Mélisande c'est l'histoire de deux jeunes adolescents qui tombent amoureux l'un de l'autre.  Sauf qu'elle est mariée au demi-frère de Pelléas, Golaud, qui lui est beaucoup plus âgé.  Comme dans chaque opéra dramatique qui se respecte, il se doit que la fin soit sombre.  Golaud, fou de jalousie, tue Pelléas, ensuite Mélisande meurt après avoir donné naissance à une petite fille.   On ne saura jamais si les deux jeunes gens ont vraiment commis l'adultère ou pas.  L'histoire permet des interprétations différentes.  Dans l'adaptation de Jean-Marci Curti Mélisande incarnera plutôt l'innocence.

destin,pelléasCurti a choisi l'image de la corde pour symboliser que nous sommes tous enchaînés à nos destins.  Prenez par exemple la fille de Mélisande.  Sa mère vient de  mourir en couches, son père a tué son oncle et visiblement perdu sa raison.  Cette petite fille sera probablement élevée par sa grand-mère ou son arrière grand-père.  Quel destin l'attendra?  Avec un tel bagage sur le dos, on imagine bien que les psys auront du pain sur la planche avec elle... 

Mais est-ce que tout est perdu pour autant?  Ou avons nous quand même une petite part de libre arbitre pour nous révolter contre ce qui semble être notre trajectoire prédéfinie?  La révolte ou le défaitisme - notre réaction est-elle déjà prévue à l'avance?  Sommes-nous programmés sans issue possible ou sommes-nous libres d'évoluer et de casser le cercle vicieux?  Pour ma part je préfère croire que nous avons la possibilité de prendre nos destinées en main, que nous sommes responsables de nos choix.  Mais qui pourra le dire avec certitude?

En attendant de résoudre ce mystère de la vie, allons manger une bonne saucisse et boire un verre de blanc à la santé de la Suisse.  Bonne fête nationale aux Helvètes et que le soleil revienne avant qu'il ne faille sortir le vin chaud...

 

 

 

 

Commentaires

Ça alors, Momsrey Bee, vous aussi y étiez?!

Magnifique, oui, j'ai adoré aussi. Un spectacle à recommander (il sera rejoué à Genève cet automne.
Bonne journée.

Écrit par : hommelibre | 01/08/2015

Et bien oui hommelibre. Il m'a semblé avoir aperçu votre chapeau au loin. Alors au mois d'octobre à Chêne-Bougeries pour une récidive... Bonne fête nationale!

Écrit par : MomsreyBee | 01/08/2015

Les commentaires sont fermés.