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11/10/2015

Le temps qui passe - souvenirs d'une mère

focus-pieds-bleu.jpgIl y a 19 ans j'ai donné naissance à un magnifique petit garçon de 3.2 kg et 52 cm.  Quelle émotion de le tenir enfin dans mes bras après 9 mois de longue attente!  Comme pour tout parent c'était le plus beau bébé du monde, malgré sa tête de tétard des premiers jours.  Il était parfait :10 doigts, 10 orteils, yeux, nez, bouche - tout y était.  Maintenant que je connais les enfants handicapés de mon orphelinat je réalise encore plus la chance d'avoir un enfant en bonne santé!


Le jour où j'ai su que j'étais enceinte j'ai commencé à comprendre ma mère, et je me disais que pour le restant de ma vie ce petit humain à naître sera au centre de ma vie et de mes préoccupations.  Je n'allais surtout pas reproduire certains comportements de mes parents, ni leurs erreurs.  Et bien, il y en a que j'ai reproduis malgré moi.  Tout d'un coup j'entendais les mêmes phrases que ma mère me disait toujours et dont j'avais horreur.  Mais c'était plus fort que moi.  Nous sommes bien le produit de notre propre éducation.  Bien sûr j'ai aussi changé certaines approches, mais pas toujours pour le mieux. 

Comme chaque parent je nourrissais tant de rêves par rapport à comment il allait être plus tard dans la vie.  Evidemment il n'aurait que les qualités et pas les défauts de ses parents.  Il pourrait réaliser les rêves que moi je n'ai pas pu réaliser.  Il sera beau et heureux, sûr de lui, généreux, intelligent et travailleur.  Chacun sait qu'il ne faut pas projeter ses propres rêves sur son enfant.   Mais bon, il y a toujours une différence entre théorie et pratique, n'est-ce pas?  De toute façon, à la fin, c'est la réalité qui nous rattrape toujours et nous remet les pieds sur terre. 

20151011_101243.jpgJ'ai fait réaliser des empreintes de ses mains et pieds quand il avait deux mois.  C'était si mignon.  Aujourd'hui il fait du 45 aux pieds pour une hauteur de 1.85 m, et je me demande comment ce grand gaillard a pu un jour rentrer dans mon ventre.  Et en sortir.

Vers deux, trois mois il commençait à gazouiller des "ma ma" que j'ai évidemment pris pour des "mamans", trop heureuse qu'il dise mon nom en premier.  Et bien maintenant je voudrais bien que parfois il remplace le "maman" par des "papa", mais les habitudes sont bien ancrées.  Nous avons fait plusieurs voyages à quatre avec deux mamans et deux garçons.  Et bien, les phrases les plus utilisées étaient : "J'ai faim.  J'ai soif.  Maman, t'as pas vu..."  Mamans du monde, cela vous parle????

Pendant les premiers mois de sa vie je me disais que je n'allais rien oublier : ni la taille de ses vêtements par rapport à chaque âge, ni ce qu'il mangeait à quel moment, ni chaque étape de son évolution et de ses apprentissages.  Finalement il y en a juste trop de choses à retenir, et après quelque temps la mémoire fait son tri.  Dans ma mémoire sélective il y a des moments délicieux qui resteront gravés à tout jamais.  Comme l'histoire du soir dans son lit.  Sentir ce petit corps doux et chaud contre moi, blottis dans mes bras, qui me demande de relire la même histoire encore et encore.  Les parties de chatouille et les parties de cartes.  Les heures passées au parc à pousser la balançoire toujours plus haut autant que les heures à le veiller quand il était malade.  Et les fous rires ensembles. Par dessus tout le rire a toujours été et reste notre meilleure solution pour faire tomber les tensions.

Mais il y avait également les moments plus difficiles : comment lui expliquer un divorce sans qu'il se sente coupable?  Sa difficulté devant les devoirs et son manque de rigueur dans le travail.  Puis un adolescent mal dans son corps qui se transforme.  Comment apprendre de ses échecs et les transformer en apprentissage?  Chaque épreuve apporte une nouvelle pierre à l'édifice de vie de cet être qui se construit de jour en jour. 

Je n'ai pas de nostalgie par rapport au temps qui passe.  Je suis juste étonné de sa vitesse.  Quand on est pris dans certaines situations, on voudrait parfois que le temps s'accélère, que notre enfant puisse déjà marcher, parler, faire des choses seules, etc.  Puis d'un coup ils sont grands et vous n'avez rien vu passer.  Aujourd'hui je me retrouve épatée devant ce jeune adulte qui commence à s'affirmer, à prendre de l'assurance, qui cherche, se trompe, se relève, essaye encore et avance pas à pas.  Il n'a pas encore trouvé son chemin dans la vie, mais franchement, qui l'avait déjà trouvé à son âge?  Le chemin de notre vie a plein de méandres, on ne voit pas toujours ce qui se cache derrière le prochain tournant.  Mais nos pieds nous emmènent inlassablement vers notre destination et notre destinée.  N'est-ce pas bon à savoir?

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Commentaires

Super texte, merci Momsrey Bee!

Écrit par : hommelibre | 11/10/2015

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