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20/11/2015

Arrivée

Quelques heures de vols et me voilà déjà dans ce pays qui m’est si cher.  Mais d’abord une surprise m’attend à l’aéroport : je tombe sur un collègue de travail.  « Tiens, tu vas où ? »  « Au Cambodge. »  « Ah bon, moi aussi.  Pour combien de temps ? »  « Trois semaines. »  « Et bien moi aussi. »  Le monde est décidemment petit !

phnom penhComme d’habitude j’ai pris un livre pour raccourcir l’attente du voyage, mais je semble appartenir à une race en voie d'extinction, un dinosaure quoi.  Autour de moi la grosse majorité des voyageurs tapotent sur leurs smartphones ou lisent dans leurs Kindle.  Tant pis si je suis vieux jeux !  J’aime sentir l’odeur du papier et tourner les pages avec mes doigts.  Et en plus on peut fermer son livre quand on veut et jamais il n'y aura un problème de batterie en manque de charge.  Moi je dis : Vive le livre!


Mais bon, il y a aussi les films dans l'avion.  Ce matin j’ai regardé un documentaire intéressant.  C’était l’histoire d’un jeune Finlandais, fraîchement séparé de sa copine et mal dans sa peau.  Il a d’abord compensé son chagrin dans les achats mais s’est ensuite demandé qu'est-ce qu'il lui fallait vraiment pour être heureux.  Alors il décide de faire une expérience.  Il vide complètement son appartement et stocke tout dans un containeur.  Puis, pendant une année, il aura droit à reprendre un objet par jour.  Par contre interdiction absolue de s’acheter de nouvelles choses.  Le premier soir on le voit sortir tout nu dans les rues enneigés et parcourir un assez long trajet pieds nus avec un journal comme cache-sexe jusqu’à son entrepôt.  Son premier objet sera un manteau.  Puis viendront dans les journées suivantes une chemise, des chaussures, un pantalon, un drap.  Ce n’est pas toujours facile de se décider quel objet est prioritaire par rapport à un autre.  Ses amis par exemple le harcèlent pour qu’il reprenne son téléphone, mais il se rend compte qu’il est bien sans.  Evidemment il reprendra un moment donné son ordinateur et son portable, ainsi que sa brosse à dents, son rasoir, son lit, une table et des chaises, un frigo et sa machine à laver.  Après six mois il se récompense lui-même en reprenant sa vieille Coccinelle.  A la fin de l’expérience il a également trouvé une nouvelle petite amie.  Donc happy end.  Mais sa conclusion est qu’il ne lui faut que 50 objets pour vivre et 50 d’autres pour être vraiment bien et s’amuser.  Tout le reste est du superflu qui nous encombre.  A méditer…

Puisque mes amis étaient invités à un mariage et pouvaient donc ne pas venir à l'aéroport, c’est mon conducteur de tuktuk attitré Monsieur Tom qui vient me chercher. A ma grande honte j'apprends qu’il m’a déjà attendu hier soir tout autant que les propriétaires de ma guesthouse.  Mince alors !  Entre le décalage du jour du départ et le jour de l’arrivée j’ai fait attendre pleins de gens pour rien.  Un grand mea culpa et une tournée générale de bienvenue au bar pour me racheter et voilà que tout va bien.  La vie est si simple par ici.

phnom penhJ’adore parcourir le trajet depuis l’aéroport en tuktuk.  C’est le meilleur moyen pour me replonger dans la vie du pays avec cette combinaison entre les gaz d’échappements, les essences odorantes de fleurs et les bonnes odeurs des petits restaurants de rue avec leurs chaises typiques en plastique bleu ciel ou rouge.  Je sens également ce film bien connue de pollution et de poussière se coller sur mon visage et mes bras.

Et cela construit de part tout : un nouveau pont pour mieux gérer le flux des voitures, un autre centre commercial gigantesque, une brasserie, des nouvelles habitations.  Qui va peupler tous ses appartements ?  Je me le demande.  La nouvelle grande tour de Phnom Penh avec ses illuminations filantes du haut en bas de la tour arrondie vole la vedette à sa petite sœur juste à côté, carrée et chichement illuminée en jaune sur les quatre côtés.  Pourtant j’aime beaucoup cette tour carrée car elle m’a permis pendant longtemps de m’orienter dans la ville.

Bon allez, il est presque une heure du matin - l’heure du dodo.  Dans la rue passe le marchand de nouilles en tapotant sur son bol en bois.  Une mélodie familière qui m'apaise.  J’espère seulement que la pagode à côté ne m’attaquera pas à coup de hautparleurs à sept heures du matin…  Bonne nuit!

18:44 Publié dans Cambodge | Tags : phnom penh | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Merci pour ce beau partage et vive le blog après le livre ;-)

Écrit par : Jean-Luc | 21/11/2015

Rien ne vaut le livre, Mom: l'odeur du papier, le toucher, comment on le tient, le plie, le ferme...

Vous revoilà au Cambodge. Au chaud quand nous entrons dans une vague d'air polaire...

Au fait, le finlandais, la nouvelle copine était aussi dans le container?...
:-)

Bon séjour.

Écrit par : hommelibre | 21/11/2015

Hihi, non la copine n'était pas dans le container. Il l'a trouvé je ne sais où. Mais il y a encore une jolie histoire autour d'elle. Avant d'entamer son expérience il en parle à sa grand-mère. Elle lui dit que l'objet le plus important est le frigidaire. Quelques mois plus tard elle fait une lourde chute et sera placée dans un EMS. Son appartement doit être vidé. Entre-temps le frigo de la copine a rendu l'âme et le jeune est désespéré. Il a essayé de le réparer, mais rien à faire. Et selon les règles du jeu il n'a pas le droit d'en acheter un. Pour finir c'est le frigo de la grand-mère qui fera l'affaire. C'est mignon, non? Bon courage pour la vague de froid. Ici la température est constante - à 33 degrés pour toute la semaine....

Écrit par : MomsreyBee | 22/11/2015

Rien ne vaut le livre, Mom: l'odeur du papier, le toucher, comment on le tient, le plie, le ferme...

Vous revoilà au Cambodge. Au chaud quand nous entrons dans une vague d'air polaire...

Au fait, le finlandais, la nouvelle copine était aussi dans le container?...
:-)

Bon séjour.

Écrit par : hommelibre | 23/11/2015

Rien ne vaut le livre, Mom: l'odeur du papier, le toucher, comment on le tient, le plie, le ferme...

Vous revoilà au Cambodge. Au chaud quand nous entrons dans une vague d'air polaire...

Au fait, le finlandais, la nouvelle copine était aussi dans le container?...
:-)

Bon séjour.

Écrit par : hommelibre | 23/11/2015

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