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24/11/2015

Journée de voyage

BattambangQuand j’ai dit à mes amis Cambodgiens que je voulais aller à Battambang, ils m’ont invité à partir avec eux en voiture. Le mari a une affaire à Battambang et doit s’y rendre une fois par mois pour régler les salaires. J’ai accepté sans être sûre si c’est une bonne idée ou pas : d’un côté c’est intéressant de visiter le pays avec des indigènes, d’un autre je ne sais pas trop ce qui m’attend avec eux – sans parler de ma sainte liberté. Mais j’ai décidé de jouer le jeu et de me réjouir quoi qu’il advienne. De toute façon ce sera l’aventure de l’inconnu.


Nous quittons Phnom Penh vers 11 heures. Surprise - dans la voiture je retrouve également la belle-mère de ma copine. Bien que l’avoir déjà rencontré au mariage, je dois avouer que je ne l’ai pas reconnu. Mais aux mariages les femmes sont toujours tellement maquillées, coiffées et bling bling que de toute façon on ne les reconnait plus dans la vie normale… Ils ont emmené belle-maman pour garder leur fils de deux ans et demi. C’est une petite crevette très timide dont je n’arrive pas à retenir le nom. Mais au moins il ne pleure plus comme l’année dernière. C’est un fils à papa, ce qui est normal puisque le papa travaille la plus part du temps depuis la maison et s’en est toujours énormément occupé. Le petit a les yeux qui pétillent quand son papa lui parle. Quand il sera plus grand et moins timide ce sera un sacré charmeur, surtout avec ses deux adorables fossettes quand il rit. Debout sur l’accoudoir il s’accroche au bras de son père qui conduit. Finalement la mère lui prépare un petit nid sur ses genoux et il s’endormira vite et pour la plupart du trajet. Je vous laisse imaginer cette scène en Europe…

Battambang, ce qui veut dire littéralement « perdre le bâton », est à environ 290 kilomètres, ce qui n’est pas loin. Nous mettrons pourtant huit heures pour y arriver. Rien qu’une heure et demie pour quitter Phnom Penh. Ce bout-là, je le connais déjà. Nous passons par les quartiers Chams, la minorité musulmane du Cambodge. J’y retrouve les taxi-charrettes, plus longs que les tuktuks et nettement plus inconfortables : ce sont juste des planches mises en travers de l’habitacle mais qui permettent évidemment de transporter plus de monde.

La route est en travaux. Quoi d’autre dans ce pays de constructions incessantes ? Ils sont en train de l’élargir, et dans quelques années ce sera certainement très confortable d’y rouler. Pour l’instant je suis contente de ne pas voyager en tutktuk à cause de toute cette nébuleuse de poussière qui enveloppe notre voiture.

battambangNous arrivons enfin dans la campagne et je retrouve le paysage typique des rizières le long de la route. Quelques vaches paissent dans les champs. Un troupeau traverse une rivière à la nage. Puis ce sont des buffles. Les champs sont déjà plus jaunes que vert et la récolte a commencé. Nous voyons les paysans s’affairer à récolter le riz, le battre et mettre en sacs qui seront ensuite chargés sur les camions en attente le long de la route. Un gros travail !

Les maisons sur pilotis défilent, toutes propres et rangées. Les Cambodgiens sont un peuple très propre et n’arrêtent pas de balayer et nettoyer. Le seul fléau sont les sachets en plastique qui trainent partout et polluent routes et cours d’eau. J’ai lu dans le journal ce matin que le gouvernement, avec l’aide de l’UNESCO, veut entreprendre une action de nettoyage vendredi matin devant le palais royal. Il faut sensibiliser les citoyens. Je souris devant les arguments que les défenseurs du sachet plastique mettent en avant : que les clients les demandent ; qu’ils ont peur de les perdre, etc. Cela vous parle ? Je pense que ni la Migros ni Carrefour n'ont perdu des clients depuis qu’ils ont arrêtés les sachets en plastiques. Mais la peur, juste ou insensée, est toujours un argument fort.

Nous nous arrêtons pour prendre en photo une énorme jarre en marbre, la spécialité de la région. A côté deux poules vivent dangereusement au bord de la route très fréquentée, tandis qu’une vache préfère la sécurité du retrait.

La nuit tombe et je ne sais pas comment mon ami fait pour y voir quelque chose avec la couche de poussière sur le parebrise et les phares éblouissant en face. Mais il nous conduit d’une main sûre jusqu’à Battambang, et même au restaurant. Mes amis ont choisi un restaurant « qui va bien pour les touristes ». C’est exactement ce que je craignais. Heureusement on y trouve aussi des Cambodgiens et la nourriture est vraiment excellente.

Puis départ à l’hôtel. Dans l’entrée des meubles massifs en bois, comme ceux que je vois sur le chemin de l’orphelinat. Je suis curieuse. Qui dormira avec qui ? Une chambre familiale pour toute la famille ou deux chambres ? Ils ont opté pour deux chambres, et je m’attends à la partager avec la mamie. Mais elle préfère dormir avec sa famille. Alors j’ai tout l’espace pour moi. Cela sent le renfermé et il n’y a pas de fenêtre. Au secours… Si je n’y pense pas trop, l’odeur devient moins dense après un certain temps. Heureusement je peux contre-attaquer avec mes produits de beauté !

Au moins il y a la WIFI – qui va et vient. J’ai juste le temps de lire mes mails et c’est fini.  J’abandonne et vais aller me coucher. Tant pis pour les photos et les fautes d’orthographe.  

Depuis le bas de l’hôtel j’entends la musique d’une discothèque. Cela promet…

Bonne nuit !

 

 

17:14 Publié dans Cambodge | Tags : battambang | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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