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29/11/2015

Week-end à Takeo

sourire angkor kwao,bénévolatMa semaine de repos touche à sa fin.  Mais avant d'entamer enfin sérieusement le travail à l'orphelinat j'ai profité encore d'un week-end détente au village de l'association Sourire Angkor Kwao que j'avais déjà visité l'année dernière.  Cette fois-ci nous partons avec Marie-Jo et Pascal Labbé du Cyclo, leur fils Greg et un jeune couple d'amis.  Mon vénérable âge me vaut la place sur le siège devant, et j'ai tout le loisir d'apprécier les manœuvres de dépassement de Pascal.  Je lui raconte que le franchissement d'une ligne continue vaut maintenant 500 francs suisse à Genève.  Heureusement que ce n'est pas le cas ici - sinon chaque voyage coûterait une fortune...


sourire angkor kwao,bénévolatUne fois sur place et revigorés d'un bon déjeuner, nous nous divisons en deux groupes pour rendre visite aux différentes familles.  Je pars en moto-dop avec Pascal et les garçons.  Il veut me montrer une jeune fille handicapée pour qui il a fait fabriquer une chaise roulante.  Comme Pascal s'y attendait, elle n'est pas dans sa chaise mais couchée.  Il appelle un des hommes autour et la jeune fille de 17 ans est vite installée dans sa chaise et nous offre un large sourire.  Pascal et moi lui massons un peu les épaules et les mains aux doigts repliés.  Elle semble l'apprécier.  Elle me rappelle les petits chez nous à l'orphelinat.  Si seulement quelqu'un pouvait s'en occuper tous les jours, la masser et soulager ainsi ses tendons qui se contractent...  Pascal prend la chaise roulante et la pousse au bord de la route afin qu'elle puisse voir passer quelques motos.  La fille est aux anges, et elle commence doucement à faire tourner elle-même les roues de sa chaise.  Me rappelant nos fêtes à l'orphelinat, je commence à faire tourner sa chaise roulante en chantant.  Elle comprend tout de suite, et sous les regards approbateurs des voisins elle lève ses bras en esquissant les mouvements typiques de danse.  Moment de bonheur intense. Une fois ramenée à la maison, une vieille voisine promet de la masser et promener tous les jours.  Espérons qu'elle tiendra parole!

sourire angkor kwao,bénévolatNous continuons notre tour.  L'association est vraiment très bien organisée et suit les familles sous ses ailes rigoureusement.  A chaque halte il faut tout noter et prendre des photos pour les dossiers respectifs.  On voit que Pascal et Marie-Jo sont devenus experts en matière de poser des questions.  Comme des détectives ils observent le moindre détail et rien ne leur échappe : l'état général de la maison, la propreté, s'il y a des animaux, (si oui, lesquels et combien), des jarres, une gouttière, des latrines.  Est-ce qu'ils ont l'électricité, des vélos?  L'enfant parrainé est en quelle classe maintenant?  Question après question ils essayent de se faire une image juste de la famille visitée, car les premières informations ne sont pas toujours les bonnes ou incomplètes.  Souvent on ne dit pas tout.  Qui voudra se priver de la manne qui tombe, tiens?

sourire angkor kwao,bénévolatNous visitons surtout des endroits en fin de parrainage pour clore les dossiers.  Dans la plupart des cas l'enfant a terminé l'école et travaille maintenant en usine.  Pour ces villageois qui vivaient avant dans une misère incroyable, le niveau de vie s'est bien amélioré avec l'arrivée des grandes usines chinoises sur la route de Kep.  Ce sont surtout les femmes qui y travaillent en ramenant entre 120 à 150 dollars par mois, selon le travail effectué.  Même moi j'ai pu constater la différence depuis l'année dernière.  Les maisons en branches de palmiers se font beaucoup plus rares et se perdent maintenant entre des maisons en béton et bois.  L'association a aidé plus d'un à avoir une maison décente.  La construction d'une maison simple coûte dans les 2000 dollars. Une fois la sécurité de leur habitation acquise, nous pouvons constater que les paysans font plus d'efforts pour améliorer leur train de vie.  Souvent ils prennent des animaux à la banque alimentaire.  Ils les nourrissent et peuvent en garder les petits en contrepartie.  Une des maisons les plus propres que nous visitons est tenue par un père handicapé à cause de la polio.  Sa femme travaille en usine et lui entretient la maison.  Il a rentabilisé chaque parcelle de son petit terrain.  Tout est propre et bien rangé et entretenu, et c'est un plaisir pour les yeux.

L'après-midi passe vite et nous rentrons au coucher du soleil pour une bonne douche à l'écuelle.  C'est rafraichissant!  Le soir nous fêtons l'anniversaire de la jeune Lucie avec champagne et tarte à la mangue.  Puis vers 21 heures mes paupières tombent.  C'est l'heure du dodo sous ma moustiquaire.  Vers quatre heures du matin une musique douce nous parvient d'un enterrement.  C'est qu'ils sont matinaux les Cambodgiens!  Mais comme la musique est légèrement monotone elle nous berce à nouveau dans le sommeil.

Dimanche matin l'équipe médicale arrive vers 9 heures.  Les paysans sont déjà sur le qui-vive, surtout puisqu'on leur a bien annoncé l'arrivée du médecin hier.  Mais il y en a aussi qui sont juste venus pour avoir une ration de riz.

sourire angkor kwao,bénévolatNous reprenons nos moto-dops et partons sur les pistes défoncées par la pluie et les petits sentiers à travers les rizières où le riz chante au gré du vent qui balaye les tiges.  De temps en temps on voit émerger une tête de cette mer verte et s'abaisser aussitôt après.  La récolte a commencé.  Ces paysages sont d'une beauté incroyable et d'une telle douceur.  Est-ce la raison pour laquelle la musique cambodgienne est tellement douce ainsi que leurs danses?  Il n'y a pas de sauts abrupts ou de précipitation.  Tout est doux et fluide, comme le vent sur les rizières.

Cette fois-ci je pars avec les filles pour visiter les familles et faire le point.  Cela nous prend toute la matinée. Nous distribuons stylos et petits gâteaux pendant que Sherlock Marie-Jo pose ses questions parfois un peu dérangeantes.  Mais elle ne se laisse pas avoir.  Si vous voulez parrainer un enfant au Cambodge, avec cette association au moins vous pouvez être sûr que votre argent ne sera pas dilapidé et servira pour une bonne cause.

sourire angkor kwao,bénévolatPuis c'est le retour au centre pour le déjeuner traditionnel avec l'équipe médicale qui n'a pas chômé : 45 patients dans la matinée.  Le Dr. Sebban ajoute avec un large sourire qu'il a même distribué des antibiotiques!  On lui avait reproché auparavant ne pas être un bon médecin parce qu'il ne donnait pas d'antibiotiques... Il me confie que lui aussi a pu voir une amélioration dans les traitements grâce au niveau de vie plus élevé. 

Tout le monde est donc content, et nous rentrons à Phnom Penh pour une nouvelle semaine pleine d'aventures qui m'attend.

 

 

 

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