UA-70828429-1 UA-70828429-1

11/12/2015

La petite larme du départ

orphelinatBon, vous l'avez compris, aujourd'hui était mon dernier jour à l'orphelinat.  La journée a commencé tranquille et j'étais contente de pouvoir passer encore un petit moment individuel avec quelques enfants qui me sont particulièrement chers.  Mais aussi avec les mamans.  J'aime ces femmes qui travaillent dur en gardant leurs rires et leur sourire.  Souvent, en passant, on se prend dans les bras ou on se touche simplement.  Ici on n'a pas besoin de paroles, et de toute façon on ne parle pas la même langue.  Il suffit du contact corporel et le message passe, peut-être dix fois mieux encore qu'avec des paroles. 


orphelinat

Vers 9h30 nous commençons à descendre tous les enfants pour la fête.  Le monte-charge ne chôme pas, et les enfants en chaise roulante font la queue en attendant leur tour.  La direction a fait installer des haut-parleurs.  Les basses résonnent à un niveau sonore digne d'une discothèque.  Les enfants sont excités comme des poux.  Pour l'occasion Colleen a acheté des ballons gonflés à l'hélium que les femmes accrochent à une fenêtre.  Maintenant tous les petits sont devant en quémandant un ballon.  Mais il faudrait attendre l'après-midi...  

Alors les enfants s'accrochent à nous comme des adorables sangsues.  Ils enlacent nos jambes, veulent être portés, danser, ou encore être chatouillés.  Un moment donné je me retrouve avec deux petits sur le dos en train de faire le cheval à quatre pattes.  Et ils sont insatiables!  Il fait chaud, je dégouline et je suis heureuse.  Le bonheur - ce sont ces petits moments magiques dans la vie.

orphelinatNotre espace de fête se remplit progressivement selon les arrivages du monte-charge.  Alors en attendant que tout le monde soit là, dansons.  Je fais tourner les chaises roulantes, et petits et grands, les mamans y inclus, se bougent au rythme saccadé de la musique techno.  Des éclats de rire fusent dans toutes les tessitures. 

Quelques-unes des grandes filles de notre étage ont eu droit à un traitement de faveur de la part des mamans.  Je vois déjà briller de loin leur vernis à ongles assortis au T-Shirts.  Les coquettes ne se privent pas de nous montrer leurs mains ainsi embellies, et elles savourent visiblement les compliments qu'elles reçoivent en retour.

orphelinatPlus tard ce sera distribution de gâteaux, de riz gluant à la noix de coco et de friandises.  Tout le monde s'en délecte avant de remonter pour le déjeuner et la sieste.  Pendant nous sommes en train de nourrir nos enfants, Nimol arrive et nous enjoint de descendre pour le déjeuner.  Mais on n'a pas finis...  Pas de discussion possible.  Une autre maman finira notre tâche afin que nous puissions rejoindre l'équipe qui est déjà au complet. 

Nous savourons une sorte de nem que nous devons préparer nous-mêmes.  Evidemment nos créations sont nettement moins réussies que les leurs, et le personnel se moque gentiment de nos essaies ratés.  En dessert ce sera une tranche de courge farcie avec un mélange de crème et de noix de coco, légèrement salé.  Les Asiatiques ont quand même un drôle de goût pour les desserts.  Pour être honnête - je préfère les gâteaux au chocolat...

Pour l'après-midi c'est rebelote pour le défilé des chaises roulantes dans le monte-charge, la musique et la danse.  Entretemps les grands enfants sont rentrés de l'école et se joignent à la fête avec grand plaisir.  Dans la salle à côté l'équipe médicale est revenue pour constater les résultats des tests de tuberculose sur les bras de chacun.  C'est une bonne coïncidence pour eux, car tous les enfants sont par là.  Je n'ai pas su les résultats des tests, mais j'espère que tout le monde va bien.

orphelinatA ce moment-là Maywen, la tante de la petite Lisa, pour qui nous payons les frais d'écolage, me remet un petit paquet cadeau avec la lettre de remerciements traditionnelle.  Une belle écharpe pour moi et un petit paquet également pour Marie, à qui toutes les mamans envoient leurs meilleurs souvenirs! 

Jusqu'ici tout allait bien et j'étais sereine, mais tout d'un coup l'émotion me brouille quand même un peu les yeux.  Cela donne le ton pour la dernière demie heure où je fais mon tour d'adieu.  Srey Roath m'ordonne de ne pas pleurer - de toute façon je reviendrai l'année prochaine.  C'est sûre - comment me priver d'un tel bonheur?

Quand je pars, je ne sais jamais qui je vais retrouver la fois suivante.  Cette pensée contribue certainement un peu à ma nostalgie.  En même temps c'est la vie.  Et la vie est si belle!

Merci à vous tous qui soutenez avec moi cet endroit magnifique!  Grâce à vos dons les enfants sont bien soignés et entourés d'amour et de joie.

 

 

 

 

16:45 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.