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24/01/2016

Petite virée à Londres

londresPetite virée à Londres pour assister à une conférence. Cela fait du bien de sortir de sa zone de confort, de rencontrer de nouvelles personnes et faire travailler ses neurones. Cela commence déjà à l’aéroport de Gatwick, ou plutôt à sa gare. « Jamais deux sont trois » dit le proverbe. Il m’en a fallu trois essais pour trouver le bon quai. Pourtant ce n’est pas compliqué de trouver le bon quai. En principe. J’y arrive sans problèmes en Suisse, France et Allemagne. Quelque part la logique doit être différente sur la grande île. Pareil pour acheter les billets de métro. Pas de problème à Paris. Ici je suis perdue. Ah, les habitudes….


La conférence a lieu au Cumberland Lodge, un centre de conférence résidentiel dans le grand parc de Windsor. En été cela doit être magnifique quand tous les arbres sont verts. Maintenant il pleuvine et je salis mes bottes en marchant dans le parc. Sur les chemins déserts on voit de temps à autre une silhouette marcher, emmitouflée dans une cape de pluie et suivi d’un chien, ou sur la croupe d’un cheval. Cela doit être ce climat qui a contribué à créer la garderobe typique du gentleman farmer britannique vêtu en tweed, ce tissu assez imperméable et très résistant.

Le soir, le directeur du centre nous honore d’un tour guidé du lodge et raconte des anecdotes de l’histoire de la couronne anglaise. Certaines scènes du Discours d’un roi ont été tournées ici. Et les discussions houleuses autour de l’abdication d’Edouard VIII eurent véritablement lieu dans la salle à manger de cette demeure. C'est donc un lieu riche en histoire que la reine fréquente régulièrement. Mais cette fois-ci je n’ai pas la chance de la rencontrer. Peut-être une prochaine fois…

londresAprès la conférence je retourne au centre de Londres pour y passer la nuit. On me demande mes projets. Je n’en ai pas. J’ai envie de me laisser guider par le hasard. Après avoir déposé la valise à mon hôtel au sud de la gare de Waterloo, j’entame mon marathon londonien personnel. Sur la droite le théâtre national fait ralentir mes pas. Si je ne trouve rien de plus inspirant j’irai bien voir une pièce là-bas. En attendant je traverse le pont de Waterloo. A gauche le London Eye, la grande roue, illuminé en rouge, et devant le pont ferroviaire traversant la Tamise illuminé en bleu. Plus loin le grand cadran lumineux de Big Ben essaie de rivaliser avec la pleine lune. C’est beau !

Le niveau de l’eau est bas. En contrebas je vois une personne seule sur le sable mouillé et je pense aux policiers qui jouent à Londres. Au loin retentit une sirène. Mais non. Ne deviens pas parano !

ll est 18 heures et les Londoniens sont dans les rues. Je marche d’un pas vif et suis le flux des passants qui se déplacent comme des bancs de poissons. Sans but précis je me laisse entraîner ainsi de droite à gauche et parcours les rues, d’abord en direction de Trafalgar Square, puis dans le quartier de Covent Garden. Partout des panneaux lumineux essaient de m’attirer vers des spectacles divers. Mais rien ne m’accroche vraiment. Sur les trottoirs, devant les pubs, des grappes  denses de jeunes et moins jeunes arrosent la fin de la journée, une bière à la main. Il fait 10 degrés. « My boots are made for walking » disait la chanson. Et bien pas les miennes. Au bout d’une bonne heure de marche intense je sens la naissance d’une ampoule.

Bon, cela suffit. Ce serait le théâtre national qui en plus se trouve sur mon chemin de retour. J’ai le choix entre un musical de 2 h 20 ou d'une pièce de théâtre de 90 minutes, Evening at the Talk House de Wallace Shawn, un écrivain contemporain. Je suis venu pour le théâtre, donc ce sera cette pièce.

Tiens, encore une chose étrange dans ce pays. Ici les gens ont le droit d’emporter leurs boissons dans la salle. Je me retrouve entre un gobelet de bière à droite et du vin rouge à gauche. Je demande à mon voisin s’il vient souvent ici. Il sourit. C’est un acteur qui vient voir ses collègues jouer. Il me prévient que la pièce est difficile. Je dirai plutôt spéciale. Franchement, je n’ai pas compris cette pièce qui finit en queue de poisson. D’après les applaudissements hésitants de mon voisin je conclus qu’il partage mon sentiment.

Le lendemain matin il fait beau et je décide de rejoindre Victoria Station à pied. Je remarque alors les centaines de jonquilles en fleur devant l’hôtel. C’est déjà le printemps à Londres. Partout dans les jardins des jonquilles, des pâquerettes, marguerites et d’autres fleurs de printemps. Je n’en reviens pas !

londresJe prends Lambeth Bridge pour traverser la Tamise. Au sud, dans le quartier de Vauxhall, des nouvelles tours poussent vers le ciel. On se croirait presqu’à Phnom Penh. Mais la comparaison s’arrête là. Quand même ! Un grand palmier au milieu du rond-point devant moi m’indique que le climat ici n’est pas aussi mauvais qu’on le veuille bien croire. Je me faufile entre des bâtiments anciens et modernes avec la vague impression que le moderne prend le dessus. Un pub à trois étages semble comme écrasé devant les grandes tours, et ce n’est probablement qu’une question de temps avant qu’il ne disparaisse lui aussi. Dommage.

Le retour vers l’aéroport est déjà plus facile que l’aller. Mon cerveau semble s’adapter à la logique insulaire. Au revoir Londres, et à une prochaine fois.

12:20 Publié dans Culture | Tags : londres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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