UA-70828429-1 UA-70828429-1

13/06/2016

Nouvelles du Cambodge

père ponchaudJe vous ai déjà parlé du Père Ponchaud, missionnaire retraité mais toujours actif, qui vit au Cambodge depuis 1965.  Chaque mois il envoie sa revue de presse aux personnes intéressées où il commente la vie politique au Cambodge.  Mais il parle également de l'avancement de ses travaux.  Voici un extrait de son dernier récit :


"Les pluies sont enfin arrivées après une sécheresse de six mois et une chaleur torride à jamais égalée : 40-42º. Je vous espère tous en excellente santé malgré les nombreux problèmes que vous avez dû affronter depuis les six derniers mois, et qui, apparemment ne sont pas terminés. Du Cambodge on ne comprend pas très bien ce qui se passe en France.

Ici le climat politique est plus que délétère. La dérive autoritaire du Premier ministre tourne à la paranoïa du complot, avec l’arrestation de nombreux opposants politiques. Toute critique est désormais punie par la loi, comme autant de "diffamation". Durant les derniers mois, le parlement a voté une loi qui limite sérieusement la liberté de parole des Associations, ainsi qu’une autre loi qui musèle les syndicats. Le Premier ministre tient à tout prix à s’assurer la victoire aux prochaines élections de 2017 et de 2018.

J’ai dû me rendre à Mondolkiri pour la réception d’une traduction du Nouveau Testament en langue Mnong. J’en ai profité pour me rendre à Ratanakiri, à 150 km plus au Nord, par la route, désormais goudronnée, qui longe de loin de frontière avec le Vietnam. J’ai été stupéfait de par le développement des provinces de Ratanakiri et de Stoeung Treng. Banlung, la capitale de province, qui n’était jadis qu’un petit carrefour entre deux pistes dans la forêt primaire, est devenue une grande ville : on ne voit plus aucune forêt à perte de vue… Une excellente route rejoint Banlung à Stoeung Treng : ce n’était jadis qu’une piste de forêt. Désormais plus aucun arbre sur des centaines de kilomètres…Je n’ai pas eu le temps d’aller plus au Nord, dans "la queue de dragon" entre le Vietnam et le Laos, mais j’ai entendu dire que toute la forêt avait été rasée.

père ponchaudLe pays se développe effectivement à grande vitesse, mais à quel prix et pour qui ? On voit apparaître une classe très riche, peu nombreuse, une classe moyenne de plus en plus fournie, mais la majorité est faite de laissés-pour-compte de ce développement prédateur… J’ai été stupéfait également par la misère des tribus montagnardes que tout le monde exploite sans vergogne. Ils ont dû passer du haut-moyen âge à la société de consommation en 50 ans, et de plus avec 25 ans de guerre… Si j’étais plus jeune, c’est parmi elles que j’aimerai m’installer. Heureusement, Mlle Sophoarn, l’ancienne directrice des maternelles de Chamlak, s’est sentie "appelée" à aller œuvrer parmi l’ethnie Kuy, à l’Ouest de Stoeung Treng. Nous y sommes donc un peu présents: grâce à vos dons, nous y avons construit une école de cinq classes à Kirisoksann (65.000$).

Ici la campagne continue de se dépeupler : tous les prix agricoles sont en chute libre. Il ne devient plus rentable d’élever des poulets comme nous le faisions dans nos deux foyers ; l’élevage des porcs ne rapporte plus rien, ni le riz, ni le manioc…Alors que faire? Les paysans partent en Thaïlande, en Corée du Sud, au Japon, et bientôt au Qatar…

Nos deux foyers continuent leur route avec de petits problèmes ordinaires, parfois de vol et de violence que nous ne connaissions pas encore. Pour l’année prochaine, à Chamlak, plusieurs parents, même relativement aisés, nous demandent d’accueillir leurs enfants, car ils constatent la bonne discipline du foyer qu’ils sont incapables de faire appliquer à la maison. Il semble bien lointain le temps où l’on nous lançait des pierres…

En fin décembre, la maman d’une petite fille de 10 ans, mais qui en paraît sept, est morte d’un crise éthylique. Les adolescentes du foyer avaient aidé cette dame en lui construisant une cabane pour abriter mère et fille. Il était très difficile d’aider cette dame, car elle vendait tout ce qu’on lui donnait pour acheter de l’alcool. Après son décès, les villageois, le chef de village en tête, nous ont proposé d’accueillir l’orpheline. Than, le responsable du foyer, et son épouse Sophéa s’occupent d’elle comme de leur propre fille. Mais c’est un sauvageon qui a vécu pendant plusieurs années de rapines et de combines…

père ponchaudEn début d’année nous avons cédé officiellement sept de nos neuf maternelles à l’Êducation nationale. Mais le responsable de l’arrondissement avoue actuellement n’avoir pas de personnel enseignant pour remplacer nos monitrices… Ces dernières sont donc heureuses de conserver leur emploi, et les parents sont également très contents, car leurs enfants bénéficieront d’une meilleure éducation. Nous venons de construire une 10ème école maternelle dans un village pauvre des environs.

Nous continuons à aider les villageois dans l’irrigation de leurs terres : grâce à vous, nous avons pu creuser 3 km de canal qui commence à se remplir d’eau. Durant la prochaine saison sèche, nous avons en projet de creuser un canal d’environ 3 km qui reliera la plupart des canaux que nous avons déjà creusés, ce qui permettra une meilleure circulation de l’eau. Les villageois nous ont également demandé de recreuser une réserve d’eau aménagée du temps des Khmers rouges qui permettra d’irriguer environ 400 hectares par gravitation. Nous avons commencé à les aider à colmater les anciennes digues.

Sur le plan de l’Èglise, je continue la Bible d’étude que l’on m’a demandée dans une solitude d’ermite bénédictin. J’admire de plus en plus les qualités littéraires de ces vieux textes qui sont vraiment de petits chefs d’oeuvre.

Je serai en France du 15 septembre à la fin octobre. Déjà une rencontre est prévue à Paris le 1er octobre, puis au Chesnay, une autre à Fronton le 8 octobre.

père ponchaudL’Association Charles Gravelle a lancé une campagne de récolte de fonds par internet pour la construction d’une école maternelle à Puthéa, près de Chamlak. Nous travaillons ensemble. Je ne puis que vous inviter à participer à cette action. https://www.generosity.com/education-fundraising/construire-une-ecole-maternelle-au-cambodge-2."

Si cela vous dit de soutenir l’œuvre du Père Ponchaud, vous pouvez envoyer un chèque à :

Séminaire des Missions Étrangères (pour P. Ponchaud), le mettre dans une envelope adressee à Missions Étrangères de Paris, 128 rue du Bac, 75341 PARIS CEDEX 07.

Ainsi vous pouvez être sûr que votre argent ira entre de bonnes mains et servira une bonne cause !

 

 

Les commentaires sont fermés.