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21/11/2016

Retour à l'orphelinat

orphelinatNous reprenons enfin nos bonnes habitudes : petit café du matin au bar en regardant les nouvelles sur TV5 du Monde tout en lisant la presse khmère.  Suite au changement de propriétaire il n'y a malheureusement plus de pains au chocolat sur le comptoir pour nous tenter. Monsieur Tom, notre chauffeur de tuktuk, arrive tard avec un tuktuk flambant neuf.  L'ancien avait rendu l'âme après qu'une voiture lui soit rentré dedans.  Monsieur Tom habite derrière l'aéroport et est parti à 6 heures du matin pour arriver seulement à 8h45. Puis le pauvre doit repartir de suite pour des bouchons aller-retour sur le chemin de l'orphelinat.


Nous passons devant l'ancien stade olympique et son chantier titanesque. Les travaux ont bien avancés mais il faudra bien encore une autre année pour tout terminer. Finalement cela ne roule pas trop mal, en tout cas pour nous qui sortons de la ville.  Sur la dernière ligne droite vers l'orphelinat un complexe de condominiums grand luxe est sorti du néant des terrains vagues. Heureusement pour nous les travaux sur la route même sont maintenant terminés.  On a refait toute la surface et quelqu'un a même eu la bonne idée d'ériger un petit muret au milieu de la chaussée.  Ceci empêche les voitures dans le sens opposé de rouler sur notre voie... 

A notre arrivée à l’orphelinat le garde à la porte est un peu déconcerté.  Il nous connaît bien, mais nous n’avons pas de badge. Par contre il a un petit dictionnaire anglais-khmer qui nous facilite quand même la discussion. Puis c’est ma «fille» Nimol qui arrive et la ronde des embrassades commence. Mais d’abord la visite de courtoisie chez la directrice.  Elle me dit qu’elle a besoin de moi et qu’elle voudrait bien que je prenne ma retraite bientôt.  Malheureusement elle va devoir patienter encore un peu…

 

orphelinatLes arbres dans le parc ont beaucoup grandi et l'herbe est haute et d'un vert joyeux. Quelque association a offert une installation pour le basketball - l'image même d'une soi-disant bonne idée sans s'être renseigné auparavant.  L'engin occupe la pelouse et personne n'y joue.  Il n'est même pas sûr qu'ils aient des ballons de basket à l'orphelinat.  Peut-être faudrait-il un volontaire basketteur pour faire vivre ce don un jour...

 

Dans l’entrée du bas des volontaires ont recouvert un mur entier de fresques.  C’est magnifique. Apparemment ils ont mis trois semaines pour les réaliser. J’en profite de mon passage en bas pour saluer les dames de la physio et les mamans et jeunes ados de la salle de jeux du rez-de-chaussée. Partout des rires et embrassades, des "Sua Sday" et "Sok sabaye."  C'est tellement bon d'être de retour! Bien qu'une des mamans me reproche gentiment de ne toujours pas parler le khmer.

 

orphelinatDans mon groupe de jeux deux nouveaux bébés de neuf mois sont arrivés il y quelques semaines seulement.  Ils semblent inséparables.  Bien qu’ils ne viennent pas de mêmes parents ils ont maintenant retrouvé une nouvelle famille. Celui de gauche, Somnang, est particulièrement éveillé. Ill/elle crapahute partout et ses billes d'yeux n'en ratent pas une. Je n’ai pas encore pu vérifier si c’est un garçon ou une fille. D’après les vêtements je dirai un garçon, mais le prénom est pour moi un prénom féminin.  Je vous divulguerai le secret au prochain changement de couche. Promis.

 

Bon nombre des enfants ont grandis et changés depuis l’année dernière – certains plus que d’autres.  L'autiste Ravi en est une.  Elle a fait une poussée énorme et marche bien maintenant.  Elle est ravissante! Puis il y a des bébés que je ne reconnais pas jusqu’à ce qu’on me dise leurs noms.  Ah les noms!  Va falloir se remettre dans le bain pour me rappeler tous les prénoms des grands et petits.  Pour ceux qui sont là depuis longtemps c'est acquis. Mais il y a aussi ceux avec qui j'ai moins d'affinités et que je côtoie moins.  J'ai honte de ne pas me rappeler le prénom d'une fille et j'ai beau à creuser mes méninges - le nom ne me revient pas.  Puis vient le moment du chant.  A la fin on chanta "Ra-ra-ra" en touchant chaque enfant et en disant son nom pour qu'ils comprennent qui ils sont.  Et voilà que le nom me revient avec une clarté évidente.  Vive le conditionnement!

 

orphelinatVers midi les écoliers du matin reviennent de leurs cours et nous sautent au cou : Nadar, le fils ainé de Nimol, et Liza, pour qui Marie et moi payons l'écolage.  Elle aussi a bien grandi depuis l'année dernière et est heureuse de nous voir, surtout Marie qu'elle ne quitte plus pendant un long moment.

 

A midi nous déjeunons avec ma famille.  Nadar va bientôt avoir six ans et sa mère laisse sous-entendre qu'il sera bien qu'il aille aussi à l'école khmère.  Pour l'instant il va le matin pour apprendre l'anglais.  Je vais me renseigner combien ça coûte avant de m'engager.  Nadar est né à la fin de mon premier séjour à l'orphelinat et il me considère comme sa grand-mère.

 

La journée passe en un clin d'œil.  Lors des promenades avec les chaises roulantes nous avons fait connaissance des autres volontaires sur place.  Demain et après-demain il y en a encore des nouveaux qui vont arriver.  C'est toujours mieux pour enfants et mamans quand il y a du monde. 

 

Le soir nous mangeons avec Srey Peuv, une des cousines qui s'occupe du Bravehearts Center.  Elle nous donne des nouvelles qui sont difficiles.  Une association sponsor a déjà beaucoup réduit sa contribution et va se retirer complètement en début d'année prochaine. Les temps sont durs.  Mais pas de raison de baisser les bras!  Dimanche aura lieu une vente de noël à l'hôtel Intercontinental où le Bravehearts center aura un stand.  Nous allons nous rallier à eux pour sensibiliser les gens afin que cet endroit magique puisse continuer à exister.  Comme à chaque fois nos agendas se remplissent sans qu'on ait besoin de planifier à l'avance.  C'est ça aussi la légèreté du Cambodge.

 

 

17:06 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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