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23/11/2016

Journée piscine

orphelinatHabituellement le mercredi est jour de piscine pour les enfants du 1er étage.  Quand nous arrivons à l'orphelinat la plupart d’entre eux sont déjà descendus et attendent la suite des évènements dans une agitation joyeuse.  A mon grand bonheur Juana sera parmi nous pendant toute la journée.  Cela me rappelle les souvenirs heureux du temps où elle était encore la coordonnatrice ici.  Beaucoup de mamans mais aussi pleins d'enfants viennent pour la saluer, les mains jointes dans le salut bouddhiste traditionnel.  Je vois leur respect et leur amour pour cette femme exceptionnelle, et cela me fait chaud au cœur.  Par contre, Juana n'en revient pas comment les enfants ont tous grandis!  Elle raconte à certaines des jeunes filles qu'elle les avait langés dans le passé, ce qui les fait bien rire.


orphelinatLes enfants sont excités.  Ils adorent cette sortie hebdomadaire qui casse la routine. En attendant qu'ils prennent leur petit snack nous faisons déjà quelques tours de chauffe en fauteuil roulant autour de la pelouse.  Le soleil commence à sortir et il fait tout de suite chaud.  Heureusement que les tuyaux d'eau sont déjà en train de remplir les petits bassins gonflables.  Mais il faut faire les choses dans l’ordre.  D’abord le goûter.  Avec tous les volontaires qui viennent d’arriver au centre cela ne prendra guère de temps.  

 

Pendant que nous nourrissons nos petits, Srey Nean nettoie toutes les chaises roulantes à fond, puis elle les fait sécher au soleil.  Certains de nos protégés ne vont pas dans l’eau, mais ils auront droit à des tours répétés dans le parc dès que leurs chaises seront sèches.  Il y a deux ans bon nombre des chaises étaient en assez mauvais état, mais maintenant on voit qu’elles sont bien entretenues.  J'aime particulièrement un nouveau modèle adapté aux besoins spécifiques de certains enfants.  Le haut du fauteuil est rallongé et on peut également l'incliner selon les besoins.  Dans la partie basse le bassin de l'enfant est bien maintenu par un coussin dans l’entrejambe qui l'empêche de glisser et qui sépare également les deux jambes.  C'est simple et efficace. Un grand merci aux concepteurs !

 

Arrive enfin la baignade. Somkhan, un garçon autiste costaud et aveugle, est aux anges.  Comme beaucoup d’autres autistes il adore être dans l’eau.  On le sortira en dernier pour faire le tour du parc à pied.  Il ne marche pas trop mal mais il a perdu confiance de marcher tout seul, et comme il est lourd, Juana et moi le soutenons des deux côtés. On fait un tour complet et il arrive même à grimper ainsi soutenu les marches au premier étage.  Bravo Somkhan.

 

orphelinatDe l’autre côté de l’entrée principale, dans le bassin des plus grands,  l’eau gicle dans tous les sens.  Celui qui détient le tuyau est le maître du monde et arrose les autres copieusement.  Mais ceux qui sont dans le bassin ne se laissent pas faire et éclaboussent tous ceux qui passent à grands cris. A la fin tout le monde sera mouillé.  Mais pas de soucis, le soleil du Cambodge sèche vite nos vêtements. Quel bonheur de partager leurs rires et cette joie de vivre innocente !

 

Pendant que les enfants attendent l'ascenseur afin de pouvoir regagner leurs quartiers, Juana et moi allons décorer les chambres avec des guirlandes que j’ai apportées.  Enfants et mamans semblent être contents du résultat.  Nous passons ainsi également dans les chambres des jeunes hommes au rez-de-chaussée.  Je n'y suis pas allée depuis des années.  Quelques garçons sont couchés dans des lits à barreaux qui ressemblent à des grandes cages.  Juana est surprise.  Il y a quelques années l’orphelinat a dû abandonner ce genre de lits après qu’un scandale ait éclaté dans la presse.  Une association avait déclaré qu'on ne devait pas mettre des êtres humains en cage.  Mais comme souvent, il y a les deux côtés de la médaille.  Au prime abord c'est certainement choquant de voir ce genre de lits, mais ensuite il faut savoir qu’ils contribuent à protéger leurs occupants et les autres dormeurs de la même chambre.  Ces jeunes adultes ne savent souvent pas mesurer leurs forces et peuvent se blesser eux-mêmes ou les autres.  Il y en a également qui mordent leurs camarades pendant la nuit.  Donc, ce genre d’installation n’est pas forcément toujours une mauvaise chose.

 

Lorphelinat’après-midi se passe sous le signe du jeu et de la bonne humeur.  Nous commençons par une petite séance de massage. Ah, merci Juana de ramener un peu nos bonnes habitudes ! Les enfants se laissent faire avec le plus grand plaisir. Puis les mamans ont envie de danser la macarena et s’exécutent avec des nouvelles volontaires en riant de bon cœur. Puis c’est à moi de ressortir mes chansons fétiches avec beaucoup de gestes que petits et grands connaissent bien depuis le temps. 

 

Comme toujours quand on s'amuse on ne voit pas le temps s'écouler.  Quand c'est l'heure de partir j'ai un pincement au cœur parce que je ressens les émotions de Juana.  Elle doit être tiraillée entre son désir de rester et son sens du devoir par rapport à ses nouvelles fonctions.  J'espère sincèrement la retrouver ici l'année prochaine.  Elle apporte tellement de douceur et d'amour aux enfants et elle a une incroyable combinaison entre empathie et fermeté.   Décidemment, je l'admire beaucoup, ce petit bout de femme courageuse et altruiste.  Quel privilège de la connaître et d'avoir pu partager ces moments précieux de complicité.

 

 

18:03 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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