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25/04/2017

Jocaste

jocaste,théâtre

«Je m’appelle Jocaste. Regarde-moi.»

Voici le cri désespéré ou révolté d’une femme, d’une mère, d’une épouse que l’on oublie souvent dans l’histoire, car nos yeux sont rivés sur Œdipe, le héros et la victime. Mais qu’en est-il de sa femme, de sa mère ?

Jocaste doit se tuer.  Elle est ici pour ça.  Jocaste est coupable, n’est-ce pas ? Transparente parce qu’insoutenable.  Elle attend son fils, son mari, son amant, son roi.  Passera-t-il au travers de son corps ?

Et si la femme-mère aux formes pleines de lait, de sueur, de moiteur décidait de ne pas se tuer... Que restera-t-il à la fin ?


Le spectacle Jocaste, est le point d’orgue d’un cheminement long et important pour moi.  Depuis une dizaine d'années je suis des ateliers de théâtre amateur, souvent avec le metteur en scène belge Benoît Blampain.  En 2015 Benoît me lance un défi - collaborer sur un objet conséquent, un spectacle singulier comme nous l’aimons tous les deux.

J'aime les défis mais je suis également consciente des contraintes de ma vie bien remplie!  Ma seule condition fut donc de me laisser le temps, ne serait-ce que pour apprendre le texte... 

jocaste,théâtre

Notre choix s'est rapidement arrêté sur un spectacle autour de Jocaste, la mère et épouse d'Œdipe. Elle, si essentielle, intervient très peu dans la littérature dite classique. Alors il ne s’agira pas de parler de Jocaste, mais, enfin, de lui donner la parole ! Ici, pendant une heure, elle parle.

Je suis tombé amoureuse du monologue Jocaste de l’auteure belge contemporaine Michèle Fabien. Puis nous avons eu l’idée de combiner deux approches différentes en mêlant le moderne à l’ancien. Comme des pièces d’un puzzle les différentes approches de style et de jeux vont alors se compléter et se confondre en ce personnage tragique et pourtant si humain.

Dans l’Œdipe de Voltaire Jocaste se remémore le passé. Elle redit les mots du souvenir, les vers qui ont constitués les dialogues douloureux de la joute verbale. Elle joue, pour elle-même ou pour un Œdipe imaginaire, les deux protagonistes de ces scènes du souvenir : Elle joue Œdipe, le vainqueur de la Sphinx, et son propre rôle, Jocaste. Tous deux ont reçu les mêmes prédictions funestes  par les oracles et tous deux ont essayé de les déjouer.  Tous deux sont coupables, mais coupables de quoi ?

Au plus près des émois du corps, Jocaste proclame dans la deuxième partie sous la plume de Michèle Fabien le frémissement d’une femme d’aujourd’hui, l’amour physique qu’elle porte à son fils et époux. Elle s’en suicide en proclamant son nom.

Un spectacle pour une heure troublante de frémissement.

14:08 Publié dans Culture | Tags : jocaste, théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Waow!!!

Écrit par : hommelibre | 25/04/2017

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