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19/11/2017

Dimanche de repos

camNous avons beau réserver notre chambre fétiche, à chaque arrivée il y en a pour une ou deux nuits où nous devons dormir ailleurs. Cette fois-ci ce n'est pas différent. Nous avons la chambre juste en face. "Promis juré que demain vous pouvez déménager."

Après m'être endormis rapidement je me réveille vers deux heures du matin. Pas moyen de retrouver le sommeil. Le ventilateur secoue doucement mon drap à chaque aller-retour et je prends bien soin de rester couverte car je n'ai pas du tout envie de prendre froid. Puis je tourne comme une crêpe pendant un long moment. Vive le décalage horaire et le ventre plein. J'ai l'impression d'avoir mangé pour le restant de mon séjour. Vers le petit matin j'entends la pluie battre contre la fenêtre. Ah, un peu de fraîcheur pour demain. Super.

D'habitude ce sont nos voisins les moines qui adorent nous réveiller les jours de week-end avec prières ou discours diffusés par hautparleur, mais ce coup-ci c'est la femme de ménage qui toque à la porte à 8h30 pour nous dire que notre chambre en face est prête. La chambre peut-être, mais Marie et moi pas. Je réponds "merci" et retourne me coucher. Quelque temps plus tard on toque à nouveau. Encore la femme de ménage. Les clients prévus pour cette chambre sont arrivés. Je regarde l'heure. Mince, c'est déjà midi. Puisque nous avons juste le couloir à traverser, nous jetons toutes nos affaires pêle-mêle dans nos sacs de voyage et partons nous installer dans notre chez nous. AH, ENFIN!

 


Après une bonne douche cela va un peu mieux. Puisque l'heure du petit déjeuner est largement dépassé, nous décidons d'aller manger une crêpe accompagné d'un bon café chez notre ami Mansour. Mais avant nous passons par la boutique "Friends" pour voir s'il y a de la place pour une pédicure. Il faut bien respecter nos petits rituels. La réponse est "oui", mais nous devons passer une après l'autre. Pas grave. En attendant je fouine un peu dans la boutique et trouve un livre qui me fait rire aux éclats. "Sleeping Cambodia" - un livre avec des photos de Cambodgiens qui dorment dans n'importe quelle position, sur leur tuktuk, leur moto, affalé sur un bureau, le militaire dormant à son poste de garde, etc. Ce sont des images vraiment typiques comme on peut les observer un peu partout!

Puis je m'achète "Elephant train", un récit de voyage entrepris en 1871 par le lieutenant de marine français Jules Marcel Brossard de Corbigny, traduit en anglais. C'est l'histoire d'une caravane de 80 éléphants envoyée de Phnom Penh à Bangkok pour ramener des princesses cambodgiennes retenues otages à la cour de Siam. Mis à part quelques remarques chauvinistes, ce récit se lit agréablement et raccourcit mon temps d'attente. Nous voilà enfin toutes belles avec nos ongles rouges, et une petite faim nous attire vers les crêpes. Mais pas de crêperie en vue. Comme c'est étrange. Alors nous allons au restaurant libanais de Mansour qui nous reconnaît et nous salue. A notre question il répond que les deux personnes qui devaient tenir la crêperie ont disparus dans la nature avec tout le matériel. Puis il hausse les épaules. Pas grave.

cambodgeSur ces faits il est 15h30 et nous décidons de prendre notre repas de la journée - une délicieuse salade fraîche avec un pain libanais sortant du four, le tout accompagné d'un bon verre de rouge. Faut pas croire qu'être volontaire signifie le sacerdoce - loin de là. Pour fêter notre arrivée, nous nous offrons le plaisir d'un dessert, suivi de notre expresso tant attendu. La vie est belle!

Confortablement installées sur une banquette nous observons le théâtre des passants dans la rue. Les capes de pluie multicolores apportent des touches gaies au spectacle auquel nous assistons. Par moments la pluie bat tellement fort que nous n'entendons plus la musique du restaurant. Trois petits garçons agglutinés sous un énorme parapluie, leurs maillots collants au corps, viennent nous proposer leurs bracelets fait maison avant de se faire chasser par le patron. 

cambodgeNous voulons commander encore un petit café car le sommeil est en train de nous rattraper, mais nous apprenons qu'il y a une panne de courant. Bon, cela arrive régulièrement. Alors nous patientons encore un peu. D'autres Français arrivent et nous incluent dans leur conversation. Apparemment deux d'entre eux sont dans l'humanitaire. Un certain Michel à côté de moi se vante modestement d'être acteur-cascadeur et d'avoir travaillé avec Belmondo, James Bond et je t'en passe. Il nous montre une scène de bagarre du film "Le Marginal" qui nous fait bien rire tellement c'est démodé aujourd'hui. En même temps cela me rappelle les années 70 où on adorait ce genre de cinéma. En tout cas les deux autres hommes semblent être plein d'admiration pour Michel qui sait bien jouer de son charme.

Puis les hommes commencent à parler filles. Michel nous montre des photos de jeunes filles cambodgiennes magnifiques, comme des trophées. Mais il ne faut pas croire qu'il en profite. Selon ses récits c'est le gentleman parfait. Après un certain temps nous en avons assez des discours machistes de nos voisins. Et pour couronner le tout, la boutique à côté fait démarrer un générateur d'électricité qui pue en faisant un vacarme terrible! La coupe est pleine - nous tirons notre révérence.

cambodgeProfitant d'une accalmie de la pluie nous partons vers Riverside pour voir si le Tonle Sap est toujours là. Il est. Et la panne d'électricité y est aussi. Sauf pour les grands hôtels qui ont leur propre générateur. Riverside est très calme avec peu de voitures. Bizarrement les illuminations le long du quai fonctionnent. Mais peut-être ce sont elles qui mangent toute l'électricité??? Qui sait... 

Puisque la pluie nous a privé de notre promenade au marché central, nous compensons notre envie de shopping par une visite au marché de nuit en recherche de T-Shirts rigolos pour mon fils et d'une petite robe pour une amie de Marie. Et comme souvent auparavant nous repartons frustrées de nos mesures européennes qui ne collent pas avec les statures fines des Cambodgiens. 

Plusieurs blocs sont touchés par la coupure d'électricité. Les gens mangent à la lueur d'une bougie ou éclairés par la lumière de leurs portables. Vive le progrès. En approchant nous constatons que notre hôtel n'est pas concerné. Ouf. Une bonne douche et hop au lit, en espérant que nous puissions mieux dormir cette nuit. Car demain nous avons rendez-vous avec nos petits et les mamans à l'orphelinat. Nous nous réjouissons déjà à l'idée de retrouver tout ce monde.

 

15:49 Publié dans Cambodge | Tags : cambodge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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