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20/11/2017

Le retour à l'orphelinat

Encore une nuit longue à faire pleines de choses intéressantes sauf dormir, comme par exemple réciter le texte du dernier spectacle, faire des exercices de respiration en comptant de 1 à 10, préparer mentalement mon prochain atelier et refaire le monde. Avec tout cela la sonnerie du réveil arrive BEAUCOUP trop vite. Mais bon, je vais bien m'y faire à ce décalage horaire!


orphelinatQuand nous descendons au bar, Monsieur Tom nous y attend déjà avec son tuktuk. Mais avant d'aller à l'orphelinat je veux d'abord passer à la banque pour déposer les dons sur le compte de l'association. Délesté de ces liasses je me sens tout de suite mieux et nous pouvons nous élancer dans les bouchons matinaux. A première vue il n'y a pas grande chose qui a changé depuis l'année dernière - à part des immeubles qui poussent comme des champignons. Mais ensuite il nous semble que la ville est plus négligée que l'année dernière. Le volume des ordures jonchant le bord de la route a nettement augmenté.

Par contre nous voyons bien la différence entre l'artère près d'Orussey Market où canalisation et route ont été refaites l'année dernière par des fonds japonais, toute lisse et sans une goutte d'eau stagnante. Beaucoup d'autres routes n'ont hélas pas pu profiter de ce traitement de faveur. La différence est considérable. Je vous laisse juger vous-même.

orphelinatQuand nous arrivons à l'orphelinat nous sommes accueillis avec un grand sourire par le gentil gardien studieux et qui travaille son anglais quotidiennement avec l'aide des volontaires. Puis ce sont quelques mamans et enfants qui viennent nous saluer. Nous admirons d'abord de loin et puis de près le nouvel aire de jeu qui est magnifique. L'aménagement n'est pas encore complètement terminé par manque de moyens, mais un des groupes de jeux y est déjà très bien installé. Après un tour rapide de salutations nous partons faire nos hommages à la directrice. Depuis le temps j'ai appris qu'il valait mieux respecter une certaine étiquette. La directrice est heureuse de nous voir et n'attend pas longtemps pour partager ses doléances. L'orphelinat accueille maintenant 132 enfants, soit une vingtaine de bouches en plus à nourrir - et à s'en occuper. L'hôpital Kantha Bopha du docteur Beat Richner vient d'envoyer une bonne dizaine d'enfants abandonnés, et d'autres attendent déjà de les rejoindre. Je comprends qu'un hôpital n'est pas un lieu idéal pour garder ces enfants qui demandent un soin constant et aussi de l'attention. Le défi majeur est de trouver également plus de mamans pour s'en occuper, et c'est là où le bat blesse. Beaucoup de femmes ne sont pas intéressées à faire un tel travail ou estiment de ne pas assez y gagner. La directrice me demande si nous pouvons payer pour un plus grand nombre de femmes, et si possible 50 dollars à la place des 20 que nous payons actuellement. Avec la meilleurs volonté au monde je ne peux pas prendre un tel engagement.

orphelinatNous quittons la directrice pour continuer notre ronde de bienvenue.  Un peu plus loin un groupe de femmes discute de manière très animée autour d'un grand sac blanc, fermé en haut avec une ficelle.  A notre approche elles nous montrent le contenu : un énorme serpent roulé en boule qui vient apparemment de s'enfiler quatre poules dans le jardin. A choisir, le préfère nettement la famille de renards à la maison qui a disséminé les poules du voisin. Il paraît que le serpent soit venu par le terrain inondé derrière la maison. Cela ne donne en tout cas pas très envie de marcher dans l'herbe haute du jardin. Un peu plus tard la police viendra pour débarrasser le voleur peu apprécié.

orphelinatNous montons enfin pour retrouver "nos" enfants. L'espace a été agrandi et encore mieux arrangé pour accueillir maintenant 30 enfants par groupe. C'est de la folie. La directrice nous a dit qu'elle voudrait ouvrir un autre groupe de jeux, mais qui dit groupe de jeux dit plus de mamans et plus d'argent. C'est le serpent qui se mord la queue. 

Bon, assez parlé de serpents pour aujourd'hui. Les nouveaux enfants sont en assez piteux états comparé aux anciens et ils font vraiment de la peine à voir. Je me console à l'idée qu'après un certain temps au centre, choyés et bien nourris, ils iront certainement mieux. 

orphelinatLa matinée passe en un clin d'œil, surtout puisque nous sommes arrivées tard et avons fait notre tour de reconnaissance. Bientôt nos petits protégés Lisa et Nada rentrent de l'école et viennent nous saluer avec beaucoup de joie. Je distribue des étoiles à la cannelle qui ont beaucoup de succès. Marie a apporté des crayons qui font également des heureux. Un peu plus tard elle sort une énorme feuille à colorier avec des motifs hindous, et voilà que mamans et enfants s'attellent tous ensemble au coloriage.  Il y a même le mari de ma "fille" Nimol qui s'y met aussi. Qui l'aurait cru?

Puis nous sommes conviées au repas familial, toujours aussi délicieux. Et comme à chaque fois on se moque gentiment de nous parce que nous ne savons pas nous asseoir en tailleur comme les Cambodgiens et parce que nos portions de riz sont petites comparés aux leurs.

L'après-midi passe comme un éclair entre nourrissage, brossage de dents et quelques promenades sur le balcon. Déjà une journée de finie.  Sur le retour en tuktuk Marie et moi sommes heureuses et songeuses à la fois.  Il y a de quoi s'estimer privilégiées par rapport à ce que nous vivons au quotidien ici, et cela fait du bien de se le redire.

 

16:58 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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