UA-70828429-1 UA-70828429-1

21/11/2017

Mardi

orphelinatAprès une bonne nuit de sommeil. je retrouve enfin mon rythme de croisière. Monsieur Tom nous attend déjà et nous reprenons notre parcours habituel. La seule variation se porte sur notre place dans le tuktuk : une fois à droite, une fois à gauche. Je vous promets que la vue n'est pas la même! Les nuages de pluie sont partis et le ciel s'annonce d'un bleu limpide. Il va faire plus chaud aujourd'hui. Du coup je sors mes lunettes de soleil.

Finalement je trouve assez intéressant de prendre le même chemin pendant des années. Même si nous ne nous souvenons pas de chaque détail, nous nous rendons quand même compte des petites différences qui apparaissent d'une année à l'autre :Tiens, tel magasin a été remplacé par une banque, et tel restaurant par un institut de beauté, et là  on est en train de démolir une école. Et n'y avait il pas avant des marchands ambulants le long de toute cette rue?

J'ai également pris l'habitude de photographier d'une année à l'autre les avancements des travaux divers. Les bâtisses gigantesques de l'Olympic Stadion ont bien avancées, mais il reste encore beaucoup à faire. Sur la majorité des immeubles et des nouvelles boutiques nous remarquons des idéogrammes chinois, indication visuelle très explicite de qui détient véritablement le pouvoir dans ce pays.


orphelinatNous arrivons à l'orphelinat sans trop d'encombres. Les enfants sont déjà installés en cercle sous le lotus géant. Ils ont l'air vraiment heureux! La petite autiste borgne Sara n'arrête pas de rire - ce qui n'arrive pas souvent. Et pleins de ses voisins et voisines en font autant. Les enfants des mamans courent partout et s'amusent comme des petits fous avec les ballons gonflables que j'ai ramenés. Ils savent très bien où je les cache et viennent me les réclamer.

A 9 heures c'est le moment du goûter et les enfants ont droit à un bon laitage mixé avec des fruits frais. En règle générale ils apprécient ce moment et ne se font pas prier pour manger. Faire le tour de toutes ces petites bouches prend son temps, surtout quand il n'y a que très peu de bénévoles. Marie et moi sommes seules pour notre groupe, une anglaise vient d'arriver pour l'autre. En dehors de cela nous comptons encore deux ou trois physiothérapeutes et c'est tout. J'espère qu'avec l'approche des fêtes d'autres volontaires vont arriver.

La nouvelle structure incite davantage aux échanges avec le groupe des grands qui viennent également volontiers s'installer à l'ombre pour participer aux chants et aux jeux ou juste pour observer. Profitant de la relative fraîcheur du matin nous enchaînant les tours du parc en poussant les chaises roulantes. Les enfants adorent, car on peut aller plus vite que sur le balcon et il y tant de choses à voir! Je fais un tour dans un sens, puis un tour dans l'autre sens pour changer la perspective. Quelque petits ne sont pas contents quand leur tour est terminé, mais la liste d'attente est longue et on voudrait faire profiter tous les enfants de ce changement dans leur routine.

orphelinatPuis c'est déjà l'heure de rapatrier tout le monde au 1er étage par le monte-charge. En attendant que les enfants arrivent en haut j'observe les jeux dans l'autre groupe. Une des mamans raconte une histoire et l'illustre par de grands gestes. Les enfants sont hilares. Depuis un an ou deux le centre a également engagé des "papas". Bien qu'ils soient plus discrets à notre contact que nos consœurs, ils font un bien fou aux enfants, surtout aux garçons qui peuvent se mesurer à une présence masculine.

orphelinatPlusieurs des enfants ont fait une poussée énorme depuis l'année dernière, comme les deux autistes Ravy (à gauche) et Vanneth (à droite). Le petit polisson Borah (au centre) est resté fidèle à lui-même et ne rate aucune occasion pour faire des bêtises. Il ne parle pas mais arrive très bien à se faire comprendre par des gestes et des bruitages.

orphelinatA midi nous déjeunons comme d'habitude avec ma famille. On peut dire ce qu'on veut, mais leurs enfants sont mieux éduqués que les deux garçons de mon autre "fille", venant d'une situation plus aisée. Pourtant je n'ai jamais entendu les parents ou la grand-mère élever la voix. Nimol a eu son fils Nada il y a sept ans lors de mon premier séjour. L'année suivante j'avais aidé avec de l'argent pour le faire soigner chez un médecin, et depuis ils m'ont adoptée comme grand-mère. Nada a deux petites sœurs, Nita, 5 ans, et Rina, 3 ans. La mère Nimol est très soucieuse que ses enfants puissent avoir une meilleure vie qu'elle et elle les encourage dans leurs études. Nada suit les cours d'anglais le matin et rejoins l'école Khmère l'après-midi. Il a l'air très studieux et nous montre avec fierté ses cahiers propres et sans aucune rature. Et les notes sont toutes excellentes. Pourtant pas de table pour faire ses devoirs - au Cambodge le tout se fait par terre - en tout cas dans cette classe de la société. Ce qui compte c'est la volonté de réussir et non pas le matériel. Quelle belle leçon de vie!

Lors du nourrissage de l'après-midi je m'occupe de Barang, un petit garçon abandonné il n'y a pas trop longtemps devant la porte de l'orphelinat. Difficile à dire quel âge il peut bien avoir. Souffrant de paralysie cérébrale il est raide comme un bâton et dune maigreur effrayante. Ses petits avants bras sont à peine plus larges que mon pouce. Pourtant il mange bien, en tout cas il s'efforce d'ouvrir la bouche et d'avaler.

orphelinatAprès la collation et le brossage des dents, Nimol installe une tablette jouant en mime une chanson de requins. Quelques enfants s'installent devant le mini écran sur des tabourets et imitent les gestes. C'est tellement mignon! Même la petite Tirah (à droite) s'y met et fait une telle moue de déception quand la chanson se termine que Nimol leur offre un bon nombre de répétitions.

orphelinatLors d'un des aller-retours de promenade sur le balcon nous apercevons plusieurs voitures qui arrivent en colonne avec à bord un grand nombre de jeunes étudiants. Depuis le temps je connais la musique de ce qui va suivre : Photo sur le perron avec les cadeaux apportés (il faut bien ramener la preuve de sa générosité...), puis distribution de paquets de chips ou d'autres bêtises nutritionnelles et de petites briques de yaourt aromatisé. Les enfants ont reçu leur goûter il y seulement une heure et leur repas du soir sera servis dans pas longtemps. Mais il ne faut pas décevoir les généreux donateurs. Alors les mamans ouvrent les briquent et font boire les enfants qui n'ont pas vraiment faim. Et pour couronner le tout, avec tout ce cinéma on dépasse la fin habituelle des animations. Mais les femmes font bonne mine à mauvais jeu et chantent quelque "Rarara" pour le groupe de visiteurs curieux. Dès que le groupe repart visiter une autre salle les enfants sont expédiés dans leurs chambres avec un grand ouf de soulagement de la part de tout le monde.

Et c'est déjà la fin du deuxième jour! Ce soir nous dînons chez "Friends" où les groupes de touristes, jeunes et moins jeunes, n'arrêtent pas de défiler. Quelle mine d'or! Mais il faut bien essayer les restaurants qui sont répertoriés dans les guides divers, n'est-ce pas? Et nous ne sommes pas mieux, puisque nous y mangeons aussi. Mais pour le café nous traversons la rue pour le prendre chez Mansour. Suite à la coupure d'électricité de dimanche il a gardé l'idée des bougies sur les tables, donnant une ambiance douce et romantiques. Mais son personnel lui a demandé pourquoi il met des bougies puisque la lumière fonctionne.

Ah les Cambodgiens...Je les adore, même si nous ne comprenons pas toujours.

 

 

 

 

  

 

17:22 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.