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28/11/2017

Le retour de Juana

orphelinatAujourd'hui est un grand jour car nous allons revoir Juana, l'ancienne coordonnatrice de l'orphelinat, partie en 2013 pour rejoindre une communauté de religieuses. Aujourd'hui elle vit et travaille au Timor oriental, mais son cœur est resté en Cambodge et surtout avec les mamans et enfants du centre. De passage au Cambodge pour obtenir un visa pour les Etats-Unis où elle doit se rendre l'année prochaine pour quelques mois elle en profite pour rendre visite à ceux qui sont chers à son cœur.

Juana est mon "role model" et je l'admire énormément. La semaine dernière encore quand j'ai vu la petite Naro pour la première fois, le visage couvert de mouches et pas très seyante, je me suis demandé ce que Juana aura fait dans une telle situation. Je savais alors qu'elle serait allé justement vers cet enfant pour nous faire découvrir toute sa beauté. Alors j'ai fait comme elle et le résultat ne m'a pas déçu.


Juana est remplie d'une bonté incroyable tout en étant l'exemple même de quelqu'un qui peut être à la fois ferme sur le sujet sans l'être sur la personne. Elle est respectée par tout le monde. D'ailleurs quand elle arrive ce matin à l'orphelinat tout le monde se précipite pour lui souhaiter la bienvenue en joignant les deux mains devant le visage dans un geste de prière. Dans ce salut traditionnel les mains seront d'autant plus hautes que la personne saluée est importante, le geste pouvant ainsi aller du menton jusqu'au niveau du front. Je vous laisse deviner la hauteur des mains chez mes amis de l'orphelinat...

Les femmes trouvent Juana amaigrie, et plus d'une lui demande si elle ne veut pas revenir. Je pense que dans son cœur elle le voudra bien, mais maintenant elle est liée par ses vœux. Alors elle nous demande de prier pour qu'un jour, bientôt j'espère, elle pourra revenir au Cambodge. Je profite de notre matinée dans le parc pour promener les enfants à côté d'elle et pour discuter par la même occasion. Comme nous auparavant elle est agréablement surprise par les améliorations à l'orphelinat et en admiration devant la nouvelle structure.

orphelinatUn moment donné mon nouvel ami cajoleur me rejoint sur un banc pour sa dose de câlins. Il me rejoindra également plus tard pendant la pause de midi quand nous sommes dans le parc pour discuter avec Juana et une maîtresse de la Rabbit School qui a ses locaux dans l'enceinte de l'orphelinat. A mon grand étonnement la maîtresse m'apprend que ce garçon est en faite une fille qui préfère s'habiller en garçon. Décidemment, ici on n'arrête jamais d'être surpris! En tout cas avec ses habits, sa coupe de cheveux est sa grosse montre rien ne laissait suspecter que cela pourrait être une fille. Mais qu'importe si c'est un garçon ou une fille, cet être humain a besoin d'amour et n'hésite pas à aller le chercher.

orphelinatL'après-midi les Spice Girls  locales reprennent du service en se trémoussant avec chants et mimes pour amuser la galerie. Dommage qu'il n'y ait pas d'impresario pour les engager sur place! Le public est en tout cas acquis par leur prestation.

Le lait de soja du goûter qui s'ensuit sera agrémenté par la papaye acheté le week-end dernier. Ce fruit semble néanmoins avoir moins de succès auprès des enfants que la banane. Après le nourrissage et le brossage des dents Juana reprend ses bonnes habitudes de masser les enfants comme elle le faisait dans le temps. L'après-midi passe en un éclair, et je suis heureuse d'apprendre qu'elle nous rejoindra également jeudi et vendredi à l'orphelinat, puis encore quelques jours la semaine prochaine, mais nous serons déjà reparties, hélas.

Le soir nous dînons avec Srey Peuv qui a pleines de questions pour Juana, la mémoire vivante du centre. Nous apprenons par exemple l'histoire de la maman de Nimol qui avait donné une fille en adoption pendant les années 1990 quand la vie était encore très incertaine. Son idée était de lui offrir une meilleure vie, mais la fille n'a jamais voulu pardonner cet acte à ce mère biologique et la  désormais. Des histoires comme celle-là il y en a pleines dans ce pays. Nous devrions souvent mettre nos jugements de côté afin de mieux comprendre les circonstances avant de juger aveuglement. Comme partout, il n'y a pas de noir et de blanc, mais beaucoup de zones de gris avec autant de souffrances des deux côtés.

 

 

17:28 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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