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26/11/2018

Premier lundi

P1050432.JPGHier soir nous étions invitées chez mon amie Seang et sa famille pour célébrer le 6e anniversaire de leur mariage. Je me souviens encore très bien de ces deux jours qui furent ma première initiation au mariage à la Khmère avec tout son cérémoniel. Maintenant elle a cuisiné pour nous avec sa future belle-sœur. Seang nous avait expliqué auparavant que le mariage est planifié pour le début de l’année prochaine. Mais il y a encore des questions à régler autour de ses parents. Son papa était parti aux Etats-Unis il y a bien des années et a contracté là-bas un mariage blanc pour obtenir sa carte verte. La mère y vit clandestinement avec lui. Le revers de la médaille est que depuis tout ce temps elle n’a jamais pu retourner au Cambodge car on ne la laisserait plus entrer aux Etats-Unis ensuite. Le père avait pu assister au mariage de mon amie, mais pas la mère. Et elle connait ses deux petits-enfants seulement par Skype! Maintenant le père est en mauvaise santé et devra prendre sa retraite à la fin de l’année prochaine. Donc la mère a le choix difficile de soit rentrer pour le mariage de son fils ainé (et de devoir ensuite rester au Cambodge) ou de s’occuper de son mari malade jusqu’à la date de sa retraite et donc encore une fois ne pas pouvoir assister au mariage d’un de ses enfants. Seang espère de tout cœur qu’ils arriveront à convaincre les fiancés de retarder leur mariage jusqu’à la fin de l’année prochaine. Il y a vraiment des destins qui ne sont pas faciles !


orphelinatLes deux nous ont concocté un vrai festin avec, entre autre, le Fish Amok que Marie et moi apprécions tout particulièrement. Puis au dessert un gâteau à la courge cuit à la vapeur avec du lait de coco. C’est délicieux ! Nous sommes heureuses de rentrer à pied pour une petite marche de digestion et arrivons juste à l’heure à l’hôtel pour échapper à une grande rincée.

Je me suis bien enrhumée avec la clim dans la chambre juste au-dessus de ma tête et n’arrête pas de renifler. Puis après une heure ou deux je me réveille pour aller vomir. Dommage pour le bon dîner ! Ensuite, pour le dire avec les mots de Dorine du Tartuffe : « La nuit se passa toute entière, sans qu’elle put fermer un moment la paupière. » Je me tourne à droite, je me tourne à gauche, trop chaud, trop froid, avec couette, sans couette, me moucher un coup, et rebelote pendant un temps interminable. Pendant tout ce remue-ménage j’entends la pluie tomber en trombes plus ou moins prononcées.

Le matin il fait bien frais. Nous traversons la rue pour boire notre café en face, car dans notre hôtel ils n'en servent pas. Le café est fort et bon et très chaud. Nous le sirotons lentement en attendant Monsieur Tom, notre chauffeur de tuktuk et ami. Ce qui nous laisse tout le loisir d'observer nos alentours. Le jeune gardien de nuit commence à balayer devant la porte, puis de tout nettoyer au jet d'eau. Il arrose également les plantes devant l'entrée. Cela doit être dans son cahier de charges, et tant pis s'il a plu pendant toute la nuit. 

J’ai besoin d’aller aux toilettes. Il faut traverser la cuisine pour y accéder, et la dernière visite de Monsieur Propre remonte visiblement déjà à un certain temps. Et bingo - pour couronner le tout j’ai aussi la diarrhée. Au moins, comme ça c’est fait et je serai tranquille pour le restant du séjour. Je retourne auprès de Marie et nous apercevons un gros rat se faufiler en direction de notre table – malgré les 10 chats qui résident dans la maison selon les dires du propriétaire. Cependant, il est vrai que leur maigre constitution ne fera pas le poids contre un rat bien en chair. Finalement, je ne pense pas qu’on ira manger dans ce restaurant.

Monsieur Tom arrive bien avec du retard et s'en excuse en racontant qu’il a mis deux heures ce matin pour venir. Cela promet ! Effectivement nous retrouvons les bouchons du lundi matin dans toute leur splendeur. Puisque le début de notre trajet est légèrement différent de notre trajet habituel, nous découvrons quelques rues inconnues jusqu’ici. Monsieur Tom a descendu les bâches de protection contre la pluie et cela réduit légèrement notre champ de vue. Il faudra réexaminer tout cela un jour de soleil.

orphelinatLes travaux sur la grande artère de North Bridge sont maintenant terminés, mais la route qui mène à l'orphelinat est toujours aussi défoncée. En plus une mauvaise surprise nous attend : Arrivés à 50 m de l’orphelinat la route est coupée pour travaux. Nous devons emprunter un petit pont de fortune pour traverser un ruisseau puant.

Mais nous voilà enfin arrivées. C’est toujours pareil et toujours aussi touchant : quand les mamans nous reconnaissent, elles accourent et ce sont des accolades chaudes et sincères. Quel plaisir d’être enfin de retour auprès de ce petit monde si attachant ! Nous faisons notre révérence à la Directrice en lui remettant quelques cadeaux kitchs de Suisse. Elle en est très contente.

P1050447.JPGLes enfants ont bien poussé. Il y en a que je ne reconnais pas tout de suite, comme la petite Tirah qui n'est plus un bébé mais une vraie jeune fille, portant maintenant un collier de perles et des couettes ravissantes. Ou ma petite protégée de l'année dernière qui s'est bien remplumée. Cela provoque évidemment une grande hilarité. Mais nous avons aussi notre moment de tristesse quand nous cherchons Srey Tom et apprenons qu’elle est décédée. Cela faisait des années qu’elle souffrait d’une tumeur dans la joue et tout le monde se demandait comment elle faisait pour tenir le coup. Maintenant elle est allée rejoindre ses compagnons de jeux dont beaucoup sont restés dans mon cœur.

P1050444.JPGNous reprenons nos tâches habituelles et les gestes reviennent très vite. En dehors des physiothérapeutes nombreux nous ne rencontrons qu’une autre volontaire espagnole. Quel dommage pour les enfants ! Par contre beaucoup des enfants ont des chaises roulantes flambant neuves et érgonomiques. Des vraies merveilles ! Et la grande nouveauté de cette année : le monte-charge ayant définitivement rendu l’âme, des donateurs ont sponsorisé une grande rampe qui permet désormais de monter et de descendre les enfants à tout moment.

P1050452.JPGVers midi il se remet à pleuvoir et nous commençons à avoir froid. On nous sert un plat de nouilles à l'extérieur, mais après le repas nous nous réfugions à l'intérieur pour une petite sieste au sec. L'après-midi les enfants grelottent et nous sortons les couvertures. Le retour en tutktuk est froid et humide. Nous nous protégeons comme nous le pouvons avec nos sacs vides. Ce soir ce sera de la soupe bien chaude pour nous revigorer avant d’entamer une nouvelle journée avec nos petits protégés chéris. 

15:18 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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