UA-70828429-1 UA-70828429-1

27/11/2018

Le soleil est revenu

Depuis mon arrivée à notre nouvelle demeure ici à Phnom Penh je n’arrive pas à me connecter sur mon blog depuis mon hôtel. Je suis donc obligé de trouver un autre endroit ou de faire publier mes billets par un ami en Suisse.


Après nous être réchauffées grâce à une bonne soupe d’hier soir, nous avons décidé de tester la connectivité de l’hôtel qui se situe juste à côté du nôtre, au visuel beaucoup plus chic. Le lobby est bien accueillant. On nous sert un bon rouge dans de jolis verres et en plus j’y trouve l’accès qu’il me faut pour mon blog. Qu’à cela ne tienne, nous avons donc décidé d’y retourner plus souvent. Avec notre petit verre de rouge dans le nez nous nous sommes endormis rapidement et la nuit fut douce.

cambodgeMonsieur Tom nous attend déjà quand nous descendons de notre chambre vers 7h30. Mais pour bien démarrer la journée il nous faut d’abord notre café à l’établissement du rat d’en face et invitons Monsieur Tom de se joindre à nous. J’aime bien discuter avec lui.

Nous bavardons de choses variées, comme par exemple du service dans notre hôtel. Depuis notre arrivée les lits n’ont encore jamais été faits sans parler du ménage. Les standards sont visiblement très différents d’une culture à l’autre et aussi d’un propriétaire à l’autre. Monsieur Tom nous explique qu’il préfère généralement quand ce sont les Blancs qui viennent acheter une affaire au Cambodge, car ils viennent seuls ou accompagnés de leur famille, tandis que les Asiatiques débarquent avec tout leur personnel et ne créent pas d’emploi pour le Cambodgiens.

Finalement nous reprenons la route pour l’orphelinat. Le grand complexe d’Olympic Stadium est presque fini. Les Japonais et Chinois y achètent des appartements comme investissements, mais peu de gens y habitent réellement et la plupart des boutiques sont également encore inoccupées. Par contre, les constructeurs ont eu la bonne idée de prévoir des passerelles-piétons pour relier les différentes rues qui convergent à ce grand carrefour. Malheureusement elles ne sont pas encore en service.

A notre demande Monsieur Tom essaye un autre chemin pour contourner la route bloquée, mais pas de chance – nous nous retrouvons presqu’au même endroit. Il faudra explorer encore d’autres options dans les jours à venir. C’est bizarre comme il n’a pas beaucoup le sens de l’orientation. Contrairement aux chauffeurs de taxis Londoniens il ne connaît pas toutes les rues et semble parfois un peu perdu quand il s’éloigne trop de son secteur habituel.

 

beateblog-05.jpgA l’orphelinat c’est la journée de sortie dans le parc pour notre groupe. Les enfants sont déjà installés dans leurs fauteuils sous le grand lotus en bambou et attendent plus ou moins patiemment leur petit snack. N’est-ce pas étrange que ce sont toujours ceux qui braillent le plus qui obtiennent ce qu’ils veulent en premier ? Nous avons deux ou trois petits candidats dans cette catégorie qui, en plus, ont le don d’émettre des cris bien aigus.

Après le snack c’est le temps de la balade. A chaque tour nous rencontrons une quantité de mamans et d’enfants d’autres groupes qui nous saluent joyeusement. Marie et moi ne savons plus quelles mamans nous avons ou non déjà saluées hier. Mais ce n’est pas grave. On se fait des grands sourires et tout le monde est heureux.

Je fais connaissance avec deux volontaires danoises qui travaillent là depuis quelques semaines. Une d’elle m’informe que l’orphelinat risque d’accueillir encore une vingtaine d’enfants de l’hôpital Kantha Bopha du récemment défunt Dr. Beat Richner. Un retraité du ministère des affaires étrangères semble vouloir assurer leur financement, mais au ministère des affaires sociales on a peur de ce qui pourrait advenir quand la personne ne sera plus capable de le faire. Tout le monde se renvoie la balle et personne ne pense aux enfants concernés !

beateblog-06.jpg

 

Pourtant l’orphelinat est déjà bien rempli. Quelques mamans regrettent le bon vieux temps quand elles n’avaient que 9 à 12 enfants par groupe et qu’elles avaient le loisir de les masser, leur lire des histoires et jouer avec eux. Un enfant malade restait dans sa chambre pour ne pas entraver le bon fonctionnement du groupe. Aujourd’hui les mamans doivent faire avec tous les enfants sans égard à leur état de santé ou leur besoins spécifiques. Il est vrai qu’après les avoir nourri, brossé les dents, donné à boire puis changé les couches il ne reste plus beaucoup de temps pour les stimuler ou vraiment s’en occuper. Hier j’ai compté 22 enfants dans notre groupe pour deux mamans et trois volontaires. Je peux vous dire qu’on ne chôme pas !

beateblog-07.jpgAvec ce système quelques enfants avec des besoins d’attention particulière restent malheureusement en rade. Ainsi le petit Kyrah passe sa journée couché par terre sans bouger et se désintéresse de pratiquement tout. L’autiste aveugle Somkhan reste tout seul dans un coin. Cela vaut mieux pour les autres. Il dispose d’une grande force qu’il ne maîtrise pas. Quand il se met à ramper c’est comme un bulldozer qui écrase tout sur son chemin. Il a brisé ainsi la jambe d’une jeune fille sans s’en rendre compte pendant la nuit. Depuis il dort dans une cage.

Tout comme la petite Srey Nean, que les femmes appellent « Monkey Girl ». Elle est également dotée d’une force redoutable et s’agrippe à tout ce qu’elle trouve à portée de main. Souvent elle secoue sa chaise haute et nous avons peur qu’elle ne la renverse. Elle aussi dort dans une cage. Pendant les heures passées avec le groupe de jeu nous devons la garder à l’écart parce qu’elle effraye quelques-uns des autres enfants. Ces enfants ont besoin de beaucoup d’attention particulière et mériteront également que l’on s’occupe d’eux. Hélas, avec les effectifs en place ce n’est juste pas possible.

 

beateblog-08.jpgA midi Nimol nous sert notre repas dans un corridor. Nous sommes un peu déçues, car auparavant on mangeait avec la famille ou les mamans. C’était toujours gai de se retrouver tous ensemble et d’écouter leurs palabres, même si on y comprenait pas grande chose de notre côté. J’espère que nous pourrons retrouver ces moments de complicité bientôt.

Depuis hier on nous sert notre repas comme un dû, pas comme une invitation entre amis. En tout cas c’est que je ressens. Au moins quelques femmes et enfants nous tiennent compagnie. J’ai apporté une feuille avec des tatous lavables pour les enfants. En fait ce sont surtout les mamans qui se ruent dessus. J’adore leur joie de vivre où chaque petit événement donne lieu à des rires et de l’excitation. Pendant une bonne demi-heure tout ce petit monde est occupé à se coller des tatous un peu partout et les rires fusent de tous côtés.

 

beateblog-09.jpgL’après-midi se passe vite entre nos diverses tâches habituelles. Je profite de la nouvelle rampe pour promener quelques enfants dans le parc. En descendant avec la chaise roulante je lorgne avec précaution dans les manguiers et par terre si jamais un autre serpent s’y sera égaré comme l’année dernière. Le champ derrière l’orphelinat est bien remplis d’eau.

Sur les nombreuses cordes à linges étendues le long le mur de clôture, la lessive journalière se balance joyeusement au gré du vent. Et oui, le beau temps est revenu et la chaleur avec ! Ce matin nous sommes partis parées à toutes les éventualités avec écharpes et polaires, mais finalement tout cela a pu rester au fond du sac. Ce n’est pas plus mal !

 

beateblog-10.jpgA la fin de notre journée de travail nous attendons Monsieur Tom devant le barrage des travaux quand un troupeau de vaches maigres débarque de l’autre côté du cloaque puant et se faufile entre piétons et motos comme si de rien n’était.

Monsieur Tom m’appelle pour dire qu’il est en retard. Il a des problèmes avec sa moto. Alors nous nous trouvons un petit bouis-bouis pour l’attendre tranquillement. La tenancière n’accueille visiblement pas souvent des touristes dans son établissement et ne comprends pas l’anglais. Pourtant, « un coca » et « une bière » - ce n’est pas trop compliqué…

Finalement nous réussissons quand même à nous faire comprendre, et elle aura certainement sa petite anecdote à raconter ce soir au dîner. Tout comme nous. Enfin Monsieur Tom arrive avec sa moto clopinante. Puisqu’il est presque 17 heures nous avons droit aux bouchons du soir. Nous nous arrêtons au bord de la route pour acheter une nouvelle batterie et ne rentrons qu’à 18 heures à l’hôtel. 

beateblog-11.jpgVite une douche est c’est reparti pour aller retrouver deux collègues de travail en vacances au Cambodge. Comme le monde est petit ! Pendant le dîner chez Friends il se remet à pleuvoir, mais une fois le dessert terminé nous pouvons rentrer à pied sec à l’hôtel où je me mets à écrire mon blog. Ce soir ce sera à John d’en assurer la publication. Un grand merci d’avance.

 

 

 

20:14 Publié dans Cambodge | Tags : cambodge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.