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30/11/2018

Fin de la première semaine

Hier soir j’ai fermé les yeux peu avant minuit pour les rouvrir tout aussitôt à cause d’un grand boucan dans la rue. D’abord je me suis dit que c’était le camion poubelle qui passait, mais le bruit persistait.  Et ce n’étaient pas nos voisins Chinois…. Alors je me suis levée et j’ai guigné par la fenêtre. Vous pouvez le croire ou pas, mais des travailleurs étaient en train de détruire la maison d’en face avec un gros engin. Et cela a duré jusqu’au petit matin. Pendant la journée pourtant il n’y a rien qui bouge au chantier. Comme dirait Obélix : « Ils sont fous, les Cambodgiens. »


P1050567.JPGAujourd’hui notre trajet matinal ne dure que 40 minutes. Nous avions remarqué récemment qu’il n’y a presque plus de vélos dans les rues. J’adorais voir auparavant les écolières en jupe bleue marine et chemisier blanc, bien droites et très gracieuses sur leurs bicyclettes. Maintenant elles prennent soit la moto ou se font conduire en voiture. Quel dommage ! Mais comme si le destin voulait nous prouver notre tort dans cette analyse, il parsème notre chemin de cyclistes. Il y en a même un avec le parfait équipement du sportif : casque, petit maillot et cuissard, chaussures – tout y est. Vu de dos je me dis que cela doit être un Européen ou Américain. Même pas. C’est un monsieur asiatique très huppé. Alors nous nous mettons à rêver que la nouvelle mode sera d’aller au travail en vélo de course à la place de la grosse Lexus. Les routes seront à nouveau désencombrées et ce sera juste top.

P1050633.JPGCe matin il y a moins d'enfants dans le groupe sans que nous sachions tout de suite pourquoi. Mais quel bonheur ! Nous retrouvons un peu le goût de l’attention particulière pour chaque enfant. En plus je profite d'une petite assistante ce matin. Nita, la fille de Nimol, sait parfaitement copier sa maman dans tous ses faits et gestes et elle m’aide à nourrir les enfants, puis à leur brosser les dents. Elle se débrouille parfaitement bien, même avec les enfants un peu plus difficiles à nourrir, et s’adapte à toutes les situations. Nous formons une équipe parfaite. Pendant qu’elle brosse les dents en haut, je change les couches mouillées en bas. Quand nous avons terminé notre tournée des enfants présents je transpire à grosses gouttes. Puis c’est le moment de la promenade. Celui qui pleure se voit envoyer balader, dans le vrai sens du terme, afin de préserver la tranquillité du groupe.

P1050643.JPGUne fois la rampe descendue, je trouve le rez-de-chaussée en effervescence. Une dizaine d’ostéopathes et de physiothérapeutes français ont débarqué pour la journée et vont traiter tous les enfants. Les mamans leur ont installé des tables qui leur servent de banc de massage. De tous les côtés affluent les enfants en chaise roulante, accompagnés de leurs mamans. Dans cette salle d'attente le tohubohu est inimaginable. On se croirait à une foire. C’est seulement vers midi que le flux des clients s’atténue un peu parce que les enfants partent manger et faire la sieste. Les praticiens trouvent alors enfin un peu plus l’ambiance zen qui favorise leur travail.

P1050656.JPGDe notre côté nous allons prendre le repas avec les mamans à l’abri du soleil sous le grand lotus. Chacune a apporté des plats, plus ou moins à notre goût. Il y a des plantes vertes crues qui ne nous inspirent que moyennement, mais nous retrouvons enfin cette ambiance de joyeux partage que nous aimons tant. La pause se passe en un clin d’œil et il faut déjà remonter pour notre dernière demi-journée de la semaine.

P1050651.JPGVers 13h30 débute le chassé-croisé des déplacements de chaises roulantes. Après leur sieste tous les enfants prennent la douche avant d’aller jouer, puis ils seront poudrés et habillés. Une fois le travail terminé, les mamans assoient l’enfant dans sa chaise roulante et la garent devant la porte de la chambre, tournée dans le sens du déplacement. Au premier étage nous réunissons les enfants de quatre chambres qu’il faut ensuite dispatcher dans les deux aires de jeux à l’étage ainsi que la physio et la nouvelle classe au rez-de-chaussée. J’adore ce moment de ballet particulier où les chaises bougent dans tous les sens. Normalement les volontaires sont sensés de s’occuper seulement des enfants de leur groupe, mais les mamans sont bien contentes quand on leur donne un coup de main. La mienne m’avait appris de ne jamais faire des trajets les mains vides. Cela pourrait aussi s’appliquer aux chaises roulantes. Je dépose un enfant dans notre aire de jeu. Sur le chemin de retour je vois qu’un autre est prêt à aller au rez. Alors je le dépose en bas, puis fais un crochet par une autre chambre pour voir qui est préparé, et ainsi de suite. Quelques enfants adorent quand je cours avec leur chaise ce qui les fait rire aux éclats. Et qu’est-ce qu’on ne fera pas pour le dire d’un enfant ?

P1050665.JPGArrive le tour de la petite Monkey Girl Srey Nean. A peine arrivée auprès des autres enfants, elle commence déjà à se tortiller dans son fauteuil et à crier. Comme j’avais vu hier qu’elle était beaucoup plus calme après avoir fait une promenade à pied, je la détache et nous voilà partis faire le tour du parc. Bien que ses plantes de pied ne touchent pas le sol et qu’elle marche plutôt sur la tranche, elle se déplace très vite. Ce qui l’attire particulièrement sont surtout des bouts de papier sale, des bouteilles en plastique qui traînent par terre, des feuilles mortes, etc. Tout ce qu’elle trouve, elle veut tout de suite le mettre à la bouche et je n’arrête pas de lui enlever toutes ces saletés. Mais elle est heureuse d’être dehors et en liberté. Je la laisse escalader un toboggan et quelques jeux avant de remonter à l'étage. Mais après cette petite promenade je pense que je suis nettement plus fatiguée qu’elle.

Pour une fois le retour à l'hôtel se fait assez rapidement et nous sommes heureuses de pouvoir enfin boire un petit verre de rafraichissement à notre arrivée à l’hôtel. C’est la récompense du vendredi soir. Puis c’est l’heure de faire nos sacs car ce soir nous partons avec le bus de nuit pour Siem Riep où toute une équipe de l’orphelinat va participer au semi-Marathon dimanche. Mais nous avons perdu notre seul vrai coureur. Le reste des vaillants sportifs a opté pour faire les 10 kilomètres en marchant. Le temps imposé est une heure trente. Je sens qu’on va bien rigoler !

 

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