UA-70828429-1 UA-70828429-1

01/12/2018

Journée à Siem Reap

siem reapNotre bus de nuit pour Siem Reap devait initialement partir à 23 heures, mais arrivées à la station on nous informe que nous ne partirons qu'à minuit. Il nous faut donc patienter. Puisque les quelques sièges en plastique devant l'agence sont déjà occupés, nous nous rabattons sur un banc en pierre sur la promenade de Riverside, juste en face du marché de nuit. Une jeune fille vient nous tenir compagnie. A partir de 22h30 les quais commencent à se masculiniser. Les exposants du marché de nuit replient leurs affaires et la place se vide. Les hommes se regroupent alors entre eux pour discuter et boire. Il ne reste que quelques marchandes de boissons ou de nourriture, la langue bien pendue, et qui ne se laissent pas faire. Une d'elle va déplier une chaise longue pour s'y installer. Je suppose que ce sera son domicile pour la nuit.

Le bus arrive avec un peu de retard et nous sommes heureuses de finalement pouvoir nous allonger sur nos couchettes. Mais d'abord encore un petit pit stop pour la nuit. Nous demandons où sont les toilettes et on nous indique un bouiboui avec trois soi-disant toilettes. Il faut payer notre passage à une matrone installée à son comptoir et comptant ses billets. Ce n'est certainement pas pour un maintien impeccable des commodités. A la sortie nous sortons vite notre petit flacon pour nous désinfecter les mains.


La nuit se passe sans encombres et vers 5h50 nous arrivons à Siem Reap où une ribambelle de tuktuks se disputent nos faveurs. Notre chauffeur d'ici s'appelle Chay. Il nous amène à l'hôtel choisi par la directrice de l'orphelinat pour les membres du groupe. J'aurai dû me méfier que ce sera un établissement au goût khmer, certainement beaucoup moins cher que celui de l'année dernière qui était assez luxueux. Celui-ci doit par contre être nettement plus abordable pour un salaire local.

Nous sortons boire un café et tombons sur Rose, une autre fille de l'équipe qui avait pris son bus une heure avant nous et qui s'étonne d'arriver après nous. Après notre breuvage du matin dans un café très stylé (une chaîne créée par des architectes où chaque établissement est différent et très original) nos chemins se séparent pour le restant de la journée. Elle veut visiter un marché de l'artisanat et nous un village flottant. En sortant de Siem Reap en direction du grand lac du Tonle Sap nous constatons que le nombre de voitures a malheureusement beaucoup augmenté. Même ici! Siem Reap se présentait toujours sous un air  tranquille et provincial, mais c'est en train de changer. A Phnom Penh on construit des immeubles, ici on construit des hôtels énormes pour héberger tous ces touristes qui viennent admirer les beautés des temples.

siem reap

Dès que nous quittons la ville l'ambiance change. Les voitures se rarifient, les motos reprennent le dessus du trafic et je retrouve aussi mes belles écolières sur leurs vélos! La route est poussiéreuse. Bientôt nous bifurquons à droite et nous nous retrouvons sur une piste de terre rouge. L'ambiance rappelle légèrement celle de l'île de la soie. Nous traversons un village avec un marché. En seulement quelques instants une variété d'effluves de nourriture vient chatouiller nos narines avant de se dissiper à nouveau avec l'éloignement.

Lsiem reapes gens n'ont pas l'air d'être pauvres ici et la vie semble paisible. De loin nous entendons de la musique sortir des hauts-parleurs et devinons tout de suite qu'il s'agit d'un mariage. Nous passons devant la maison décorée où on est en plein préparatifs de la fête.

siem reapLa moto commence à clopiner et notre chauffeur doit s'arrêter. Il trouve un mécanicien qui détecte le problème. Manque de chance il est invité au mariage et ne veut pas se salir. Alors Chay appelle son frère au secours. Il se désole de nous faire attendre, mais nous en sommes ravies. Il n'est que huit heures du matin et la lumière est magnifiquement douce. Nous voilà confortablement installées dans le tuktuk avec tout le loisir d'observer la vie du village, ou plutôt la vie sur la route qui passe. Derrière nous dans les arbres chante une quantité d'oiseaux, des poules grattent le sol à la recherche de vers et d'insectes, un chiot couleur caramel vient se faire caresser. Une dame âgée arrose son potager luxuriant dans le jardin attenant. Nous pensons à Monsieur Tom qui rêverait de s'installer à la campagne s'il n'avait pas sa famille à nourrir.

siem reapNous entendons arriver des voix joyeuses. Ce sont plusieurs classes de jeunes élèves, accompagnés de leurs maîtres et maîtresses et armés de grands sacs et paniers. Notre chauffeur nous explique qu'à la campagne c'est la tradition que les enfants aillent ramasser des ordures le samedi matin. Ils montrent beaucoup d'entrain à la recherche du moindre papier qui traîne. Dans ce contexte nous avons observé une chose étrange : Tout les matins, partout, les gens balayent devant leur porte. Le sol autour de l'échoppe la plus pauvre est impeccable. Mais dès que cela dépasse le rayon de leur propriété, les gens jettent les ordures et les laissent traîner partout. Les pauvres vaches doivent paître dans des champs parsemés de sacs en plastique. Je ne sais pas quelle distance ces jeunes protecteurs de la nature peuvent parcourir en une matinée, hélas ils ne sont pas arrivés jusqu'au débarcadères des bateaux où nous nous rendrons plus tard. En attendant, le frère Ly est venu à notre rescousse avec sa moto qui fonctionne. Le tuktuk change de traction et nous de chauffeur.

siem reapNous poursuivons notre route pour le village flottant de Kampong Plouk, une communauté de 1000 familles qui vivent dans des maisons sur pilotis de 5 à 6 mètres de haut (donc en fait le village flottant n'est pas vraiment flottant..). Le village se dit être de "tourisme naturel", et nous espérons que le prix assez élevé pour le bateau sera reversé aux habitants. Nous partons dans une embarcation peu profonde, propulsé par un hors-bord bruyant. L'eau est trouble avec une couleur de café latte, tirant parfois sur le jaune et parfois sur le vert. 

siem reapNous suivons pendant un long moment un chenal assez large avant d'arriver au village proprement dit. Partout les pêcheurs sont occupés à vider, trier et réparer leurs filets. En-dessous de la maison on trouve souvent encore plusieurs étages pour le rangement des cages et d'autres ustensiles de pêche. Le village n'est certainement pas riche, mais beaucoup de maisons sont agrémentées par des plantes et fleurs. Nous y admirons de magnifiques bougainvilliers qui ajoutent une touche de couleur gaie.

siem reapAprès avoir suivi la route principale du village par la voie aquatique, nous arrivons près d'un bateau plus grand où nous devons changer d'embarcation pour nous enfoncer dans la forêt inondée. Cela sent un peu l'attrape touriste et nous restons sur nos gardes. Des femmes attendent dans des petites embarcations comme des vautours pour nous vendre leur marchandise. Hélas pour elles nous avons été prévenues par mes collègues et ne cédons à rien, même pas quand on nous emmène au bateau restaurant pour manger du crocodile. L'élevage de ces charmantes bêtes semble être la spécialité ici. Mais nous pouvons nous en passer.

siem reapIl est temps de rentrer. En route nous papotons un peu avec notre jeune capitaine. Il a 18 ans et vit avec sa famille au village. Il travaille depuis trois ans pour cette compagnie de transport et n'aime pas ce qu'il fait. Selon ses dires il préférerait vivre à Siem Reap.

Notre excursion touche à sa fin et nous rentrons à Siem Reap pour un délicieux déjeuner chez Sister Srey. Ensuite un peu de shopping et ENFIN notre pédicure tant attendue, précédé d'un "foot massage" pour nous préparer pour le grand événement de demain : les 10 kilomètres au semi-marathon d'Angkor Wat.

siem reap

Le soir, toute l'équipe se réunit pour un dîner. Vuthy, l'ancien étudiant en médecine de l'orphelinat, travaille maintenant à l'hôpital de Siem Reap et est allé cherché nos petits sacs de course. Par contre, nous allons troquer le maillot officiel contre celui du Bravehearts Programme. Pour ceux qui veulent encore sponsoriser les vaillants marcheurs, vous êtes les bienvenus : https://www.justgiving.com/crowdfunding/braveheart?utm_term=e6kaxDGZ

 

 

 

16:01 Publié dans Cambodge | Tags : siem reap | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

Écrire un commentaire