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08/12/2018

Voyage à Kep

P1050965.JPGCe matin nous avions donc rendez-vous à 7h00 au café du rat afin de nous faire emmener vers l’arrêt du bus. Il a encore plu pendant toute la nuit et le ciel est lourd de nuages. Le tuktuk arrive en avance et nous devons vite avaler notre café. Quand on réserve ainsi dans les hôtels, le trajet vers le bus est toujours compris dans le prix du trajet. Nous pensons être les seuls voyageurs, mais le tuktuk s’arrête quelques rues plus loin pour prendre deux autres Européens, très grands et lourdement chargés. Puis je crois comprendre que le chauffeur nous dit qu’il faut encore chercher deux autres personnes. Il plaisante ou quoi ? Cela marche pour les frêles Cambodgiens de les entasser de la sorte dans un tuktuk, mais pas pour les touristes chargés. Finalement cela nous sera épargné.


Quand on part ainsi en voyage on a le choix entre les bus réguliers qui s’arrêtent partout dans la campagne pour prendre des voyageurs qui le demandent, ou alors on prend les minibus qui sont plus rapides. En principe. L’annonce indiquait : Phnom Penh – Kep 3 heures. A chaque fois qu’on nous demande où on va, la première question est « Kampot » à quoi nous répliquons  sans cesse « No, Kep. » Rien que cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille dès le début, car évidemment le minibus s’arrête à Kampot, et il faudra changer de véhicule pour aller à Kep ce qui fait un détour de 20 kilomètres.

KepMais avant cela nous avons encore beaucoup de route à faire. J’ai gagné la place du copilote et, connaissant la conduite cambodgienne, je ne suis pas sûre si je dois m’en réjouir. Le parebrise montre une large fissure et comme à chaque fois la clim crache tout le froid qu’elle peut. Heureusement nous avons prévu le coup et emporté nos polaires ! Il nous faut presque 1h30 pour sortir de la ville, et nous retrouvons un air de campagne seulement après Takéo, la capitale de la province du même nom. La route est très chargée par tous genres de véhicules et bordée de fabriques chinoises. Finalement le trafic diminue un peu. Le chauffeur ne conduit pas si mal que ça, bien que parfois je préfère regarder par la fenêtre latérale pour ne pas voir ses manœuvres de dépassement.

kepEn route nous rencontrons trois barrages de police. Aux deux premiers les policiers ne s’intéressent absolument pas aux véhicules remplis de touristes. Quant au troisième barrage, nous arrivons à l’heure de la pause, certainement bien méritée par les forces de l’ordre, qui accapare toute leur attention.

Vers 10h30 on nous accorde une pause pipi et c’est reparti. Je commence à saliver à l’idée d’une crêpe aux bananes avec un jus de fruits frais. Depuis ce matin nous n’avons mangé qu’un maigre biscuit.

kepNous longeons des petites maisons de campagne à l’aspect tranquille. Quelques vaches maigres paissent dans les champs et au loin nous apercevons des montagnes avec des monastères. Quelques paysans ont commencé la moisson du riz, mais dans beaucoup de champs les tiges sont pliées par la pluie. J’espère que le riz ne pourrira pas dans l’eau et que la récolte sera bonne.

kepJe regarde le tachymètre et vois que nous roulons à 80 km/h. C’est une vitesse tout à fait honorable pour ce genre de route. Aussitôt après le conducteur monte sur les freins. La route est en travaux et dans un état lamentable, parsemée de nids de poule qui peuvent causer la mort subite de n’importe quelle suspension. Pour le reste du trajet ce sera un parcours semé d’embuches où nous slalomons entre camions et trous dans la chaussée. Nous sommes bien chahutés dans notre véhicule et cela me fait penser à la pub d’Orangina des années 1990 « Secouez-moi, secouez moi ». Faut bien qu’on rit un peu.

Finalement nous arrivons à Kampot où on nous fait signe de descendre du minibus qui repart aussitôt vers Phnom Penh avec le même chauffeur qui n’a même pas eu le temps de se reposer un peu. Finalement je suis contente que nous ayons pris le premier horaire possible ce matin quand le chauffeur était encore frais.

kepDeux touristes anglais commencent à s’énerver. Ils veulent aller à Kep comme nous. « Mais on nous avait dit que le bus irait directement à Kep. » Sauf que voilà, il est allé à Kampot et cela ne sert absolument à rien de vouloir discuter. Marie et moi le savons depuis le temps. On sourit et on attend et finalement tout s’arrange. On nous emmène en tuktuk à l’arrêt du bus régulier pour refaire les 20 km jusqu’à Kep dans l’autre sens. Ce bus régulier a visiblement la priorité sur tous les autres véhicules, et le chauffeur ne se prive pas de son petit privilège de le faire savoir par des klaxons sonnants. Il s’arrête en route pour prendre à bord un collègue de la même compagnie, apparemment chargé du paiement des billets pris en route. Il arrive avec un sachet de piquenique qu’il commence à partager avec le chauffeur. Manger donne de la soif, donc le chauffeur sort sa petite bouteille pour boire et perd le capuchon près de la pédale de gaz. Alors il se baisse pour la chercher à tâtons. Heureusement tout se passe bien. Sinon le motard qui transporte un cercueil sur sa moto juste devant nous aurait pu l’employer de suite.

kepAprès un total de six heures de voyage à la place des trois heures promises nous arrivons enfin à Kep où un tutktuk nous emmène à notre hôtel. Le Ponton appartient à l’ancien propriétaire du Cyclo à Phnom Penh. Nous restons bouche bée devant le charme de cet endroit. Situé à quelques mètres seulement de la mer et du marché aux crabes c’est un havre de paix dans un écrin de verdure. Marie et moi nous regardons : Voilà enfin nos vacances bien méritées ! Nous ne nous laissons pas prier deux fois pour plonger dans la belle piscine. L’après-midi sera consacré entièrement au farniente avec un petit jus frais à nos côtés.

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Elle n’est pas belle, la vie ?

13:13 Publié dans Cambodge | Tags : kep | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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