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14/12/2018

Dernier jour

orphelinatCela nous a fait bizarre ce matin de nous dire que c'était déjà notre dernier départ à l'orphelinat pour cette année. Les trois semaines ont passé vraiment trop vite!

Au café d'en face un petit chat jaune vient nous voir, comme pour dire au revoir. Il a flashé sur Marie et demande des caresses. Ou serait-ce seulement une stratégie pour voir ce qui a de comestible sur la table? Ne vous fiez jamais aux élans de tendresse d'un chat. Je lui verse un peu de lait dans une coupelle qu'il lèche jusqu'à la dernière goutte. Et déjà un de ses copains arrive en renfort. Mais là, ça suffit. Le chat part embêter la propriétaire qui nettoie le frigidaire et il fait semblant de chasser le chiffon.

Monsieur Tom arrive et nous demande une photo souvenir. Ah, ces derniers moments avant le départ!


Un dernier trajet dans le bon air Phnom Penhois bien pollué. Pour une fois, c'est quelque chose qui ne nous manquera certainement pas!

orphelinatJ'avais établi mon planning pour faire mes adieux ce matin, mais c'est sans compter sur les enfants. Je donne le biberon à Cynourn qui prend une éternité pour le finir, et c'est du temps qui me manquera ensuite. Il m'est important de dire quelques mots à chaque enfant qui compte particulièrement pour moi. Il y en a auxquels on s'attache parce qu'ils sont souriants et faciles à vivre. Des vrais petits bonheurs comme Kanha ou Tirah. Et puis il y a les pénibles, les petits pleurnichards, dont je m'occupe pour soulager les mamans, comme la petite fille singe Srey Nean ou le maigrichon Barang. En faisant cela je crée des liens malgré moi et les enfants deviennent chers à mon cœur. Cette année j'ai également intensifié ma relation avec Chanda dont le regard semblait toujours vagabonder dans le vide. Maintenant je sens qu'elle cherche le mien et il y a une connexion plus profonde qui s'est établie entre nous. Pareil avec Yvvy, qui est maintenant un jeune homme. Je ne sais ni quand ni comment, mais le courant a passé entre nous et je fonds quand il me offre un de ses beaux sourires. Pour un jeune homme il a la peau étonnement douce, tout comme Cynourn. Et puis il y a ma belle Somnang au bois dormant. A l'heure du déjeuner elle me fait le cadeau de finir son assiette sans s'endormir. Serait-ce un message pour me dire "Ne t'en fais pas, je serai encore là l'année prochaine"?

orphelinatQuelques unes de nos mamans préférées nous attendent au parc sous le lotus géant pour le déjeuner. La directrice nous fait également l'honneur de sa présence. Les femmes sont déjà excitées à l'idée de la sortie qui les attend cet après-midi. A la fin du repas Mey Wen et Nimol arrivent tout d'un coup avec deux énormes paquets. Je crains savoir de quoi il s'agit. L'année dernière j'avais vaguement entendu Nimol parler d'un tableau brodé d'Angkor Wat. Nous avons échappées à Angkor Wat et héritées à la place de deux compositions florales avec horloge intégrée. Aie, comment transporter cela? Heureusement que Mey Wen a un sens pratique très développé. Elle découpe un carton pour protéger nos œuvres et nous espérons que le tout va rentrer dans mon sac de voyage et survivre au transport.

orphelinatLa caravane de tuktuks arrive et il est temps de dire adieu aux enfants qui restent. Ne sont admis à la sortie que ceux qui marchent. cette fois-ci nous comptons 70 enfants et 30 accompagnateurs.

Selon ce que nous avons compris, nous allons à Wat Phnom pour y faire un piquenique. Puisque je connais le chemin pour y aller je m'étonne du trajet que prend notre conducteur. Très vite j'estime qu'il ne doit pas être très compétent. D'abord il s'arrête pour gonfler les pneus, puis pour prendre l'essence. Un autre stop en route pour acheter son snack. Il passe par des quartiers que je ne connais pas du tout. Dans un sens c'est intéressaorphelinatnt, parce que nous voyons du pays. Je commence quand même à m'inquiéter un peu quand il sort de Phnom Penh en remontant le Tonle Sap. Mais où est-ce qu'il nous emmène? Les autres occupants de mon tuktuk semblent pourtant confiants.

orphelinatFinalement le tuktuk s'arrête au bord d'un énorme terrain avec des tables préparées comme pour un mariage. Le tout en plein cagnard. Une femme donne un dernier coup de balai et la musique braille d'un haut-parleur. On nous distribue des badges et nous patientons dans le peu d'ombre que nous pouvons trouver. Il est à peu après 14 heures et il fait chaud. Les femmes partent acheter des boissons pour elles-mêmes. Rien pour les enfants.

De plus en plus de personnes avec des handicaps divers arrivent : des victimes de mines antipersonnel avec leurs membres atrophiés arrivent en fauteuil roulant. Je vois également des sourds et/ou muets qui communiquent entre eux en langage de signes. Les malvoyants se déplacent à la queuleuleu en se tenant par l'épaule. Cela me rappelle une expérience que nous avions faite au Futuroscope cet été avec un guide aveugle qui nous emmenait pendant 30 minutes sur un parcours dans le noir le plus total.

Je suis avec Lyly qui a le syndrome de Dowe. Tout à coup elle se met à rigoler sans gêne. Elle a vu un jeune homme qui a des jambes très longues et le corps tout rabougri. Elle le montre aux autres enfants et tout le monde se marre. J'en reste un peu étonnée de ce manque de solidarité ou est-ce seulement l'humour un peu particulier des Cambodgiens.

orphelinatMarie et moi partons aux toilettes et je ne veux pas vous priver de ce joli panneau d'instructions. D'autres pays, d'autres mœurs...

L'après-midi avance et nous attendons toujours ce qui va se passer. Une assistante de la directrice vient nous remettre un diplôme très officiel pour bons et loyaux services vis-à-vis de l'orphelinat. Ca alors! Nous sommes flattées.

Quelques femmes commencent à avoir faim et partent s'acheter un snack. C'est quand même le comble d'être invité à un dîner et de devoir se sustenter soi-même!

orphelinatEntretemps nous avons appris qu'il s'agit d'un dîner de charité offert par des familles riches. Un moment donné quelques dames pomponnées arrivent sous les feux de la presse. Est-ce le signal qu'on peut enfin aller s'assoir? En tout cas les centaines de personnes qui attendent commencent à bouger et à occuper les tables. On vient servir une grosse gamelle de riz. Puis plus rien. Il est 16h30. Commence un spectacle sur la scène éloignée avec des clowneries et de la danse. Le public semble l'apprécier. Nous préférons admirer nos deux jeunes filles Srey Ka et Lyly qui nous offrent leur propre spectacle de danse sous les yeux attendris et fiers des mamans responsables.

Il est 17 heures passé et toujours pas de repas en vue. En plus nous sommes invitées ce soir à dîner dans un bel endroit au bord du Tonle Sap. On se regarde avec Marie et on décide de partir. Alors s'ensuivent de grandes embrassades avec enfants et mamans. Dans le feu de l'action nous oublions même de pleurer. Nous partons avec la promesse de revenir l'année prochaine.

Encore une journée de détente, puis d'attente avant notre retour dans le froid.     Et le compteur va se remettre en route jusqu'en novembre 2019.                  Lyhai, chers amis, vous restez dans nos cœurs!

 

 

16:36 Publié dans Cambodge | Tags : orphelinat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | |

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