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Dernier jour de repos

Ce matin nous avons fait la grasse matinée jusqu'à 10h30 - malgré le bruit du chantier à côté. Et sans la moindre mauvaise conscience! Ensuite petit déjeuner chez Mansour et nous voilà parties pour la Foire de Noël à l'école internationale du Canada où Bravehearts tenait un stand. Après toutes ces années je m'étonne toujours d'entendre de la musique de noël quand il fait plus de 30 degrés dehors. Mais bon. Nous retrouvons Srey Peuv et David au stand. Après les retrouvailles nous nous mêlons au flot des visiteurs dans les allées des stands où on expose bijoux, vêtements, produits de beauté, objets plus ou moins précieux, etc. Il y en a pour tous le goûts.

phnom penNotre prochaine étape est un hôtel 5 étoiles proche de la rivière Tonle Sap pour saluer une copine qui y travaille. Nous l'avons connu quand elle était arrivée de son village natal, toute timide et perdue. Elle travaillait dans notre ancien guest house. Mais elle a vite appris et a parcouru un beau chemin pour devenir chef réceptionniste dans un 5 étoiles. Depuis deux mois elle apprend maintenant la logistique des réservations. Mariée à un Italien elle rêve d'un meilleur salaire qui lui permettra aussi d'avoir un bébé. C'est une fille très attachante que nous apprécions beaucoup. Elle est également devenue un modèle de rôle dans son village où autrefois on se moquait d'elle parce qu'elle voulait aller à l'école, apprendre et progresser dans la vie. Elle nous confesse que les parents Cambodgiens rouspètent beaucoup leurs enfants, et elle pense que c'est la raison pour laquelle les Cambodgiens sont si timides et réussissent moins bien dans la vie que par exemple les Européens.

phnom penNous allons dîner ensemble ce soir. Alors nous la laissons vaquer à ses occupations et rejoignons le bord du Tonle Sap pour notre balade traditionnelle. Le niveau de l'eau est extrêmement bas. Pourtant nous sortons tout juste de la saison des pluies. Serait-ce l'effet des barrages que la Laos a mis en place malgré les protestations du Cambodge? 

Nous retrouvons avec grand plaisir les diseuses de bonne aventure, les stands de fleurs de lotus et d'oiseaux en cage pour les fidèles qui fréquentent le temple à proximité, ainsi que les vendeurs ambulants de délicatesses de tout genre dont les Khmers raffolent. Pas loin de là des jeunes hommes jouent à la pétanque avec leurs chaussures. Une petite bise rafraîchissante nous parvient depuis la rivière. L'année dernière les Phnom Penhois avaient commencé à nourrir les pigeons et nous avions craint le pire pour les bâtiments de la ville. Certes, il y a beaucoup de pigeons là où on les nourrit mais contrairement à nos attentes ce n'est pas l'invasion totale.  

phnom penSur les bancs de la promenade nous retrouvons quelques épaves mâles blancs échouées dans ce beau pays qui ne leur a visiblement pas réussi. Des pêcheurs lancent leurs lignes en espérant d'attraper quelque maigre poisson tandis que les jeunes s'amusent, courent ou font du vélo. phnom penC'est la fin de l'après-midi et la lumière est très belle. Nous nous installons sur le petit muret et observons la vie qui s'écoule tranquillement devant nos yeux. Bientôt il y aura un Chinatown de l'autre côté de la berge. La culture chinoise prend de plus en plus d'ampleur et les idéogrammes apparaissent partout. Pour l'instant c'est en plus de l'écriture khmère. Mais pour combien de temps encore?

Comme d'habitude je regarde si la boutique de cerceuils a résisté à la vague de modernisation sur les quais. Pour quelques moments je me résigne à l'idée qu'elle aussi a été remplacée par une banque, mais non. Je m'étais juste trompé de bloc d'immeuble et elle existe toujours. Me voilà rassurée.

phnom penAujourd'hui il fait beaucoup plus chaud qu'hier et nous rentrons nous rafraîchir avant de sortir à nouveau. Sur le chemin de l'hôtel nous nous apercevons que le mythique FCC est fermé pour travaux. Nous espérons toutes les deux que ce sera juste pour le remettre en peu en forme et non pas pour le transformer en casino chinois ou autre horreur. Cela construit partout dans Phnom Penh. Et à chaque immeuble ou bloc rasé, le remplaçant aura au moins doublé de taille.

Nous dînons sur les quais à la "Croisette" où le 1er étage a été très joliment refait. Savorn nous raconte sa vie, comme elle est arrivée à Phnom Penh, ses aventures dans son village pour s'imposer, ses rêves. Elle a la tête bien sur les épaules et une vision claire où elle veut arriver. Elle déplore aussi la mentalité dans les villages, comme par exemple chez ses parents, qui ne se tuent pas à la tâche mais attendent de leurs enfants de les assumer.

Elle nous parle aussi que la vie est devenue très chère à Phnom Penh, par exemple pour acheter de la bonne nourriture. Puisqu'il y a plus de monde maintenant à cause des Chinois, on importe aussi plus de nourriture de Thaîlande, du Vietnam et de Chine. Beaucoup de légumes sont traités et même le riz ne vient plus du Cambodge. Heureux celui qui possède un lopin de terre et qui peut s'auto-alimenter. Mais pour les habitants de la ville ce n'est pas possible!

Nous passons une bonne soirée à papoter ainsi, puis il est temps pour chacun de rentrer. Demain sera notre première journée à l'orphelinat. Le fidèle M. Tom viendra nous chercher demain matin et on verra bien combien de temps les bouchons vont nous coûter cette année.

 

 

 

 

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