UA-70828429-1 UA-70828429-1

Journée de décorations

Croyez-le ou pas, mais ce matin je me suis réveillée à cause de l'absence de bruit au chantier. Pourtant, quand j'ai regardé l'heure, il était bien 6h17. Comme s'ils avaient attendu ce moment précis, les travailleurs se sont mis à parler en bas. Ils se rattraperont certainement ce soir à travailler plus tard.

Après notre café obligatoire nous prenons la route. C'est étrange, parce que nous trouvons des bouchons mais pas aux mêmes endroits que l'année dernière. Je ne sais pas si je deviens plus sensible avec l'âge, en tout cas il y a des endroits où la puanteur des détritus empilés au bord de la rue me donne de la nausée. Il me semble que la ville a déjà été plus propre dans le passé.

orphelinatQuand nous arrivons à l'entrée de l'orphelinat, un minibus et un tuktuk rempli d'écoliers sont prêts pour le départ, et la joyeuse compagnie est déjà excitée comme à chaque fois qu'une sortie se prépare. Je reconnais Sokal, le nain qui danse si bien, et lui remets une enveloppe de la part de Penny. Il est d'abord étonné, puis très content. L'enveloppe doit contenir quelques Riels qu'il fourre aussitôt dans la poche de son pantalon. Probablement il n'a pas très bien compris de qui venait son cadeau, car pour le restant de la journée j'ai droit à des bisous dans l'air.

orphelinatNous trouvons nos petits protégés alignés dans leurs chaises roulantes et fin prêts  pour la promenade dans le parc. Avec notre nouveau emplacement nous avons plus d'air, de verdure et de liberté pour bouger. Le seul prix à payer sont les trajets pour remonter ou descendre les fauteuils roulants. En face de notre salle se trouve la classe spéciale et de l'autre côté de la parois de séparation le groupe des grands. Seul l'autre groupe de jeux avec qui on partageait jadis l'étage est maintenant assez loin et permet moins le contact avec ces enfants. En contrepartie nous avons maintenant beaucoup plus d'interactions avec tous les autres groupes. Et cela est très chouette!

orphelinatJe débute ma journée en déballant les guirlandes que j'ai ramené. J'avais initialement prévu de les utiliser pour rafraîchir et remplacer celles dans les chambres dont la couleur a bien souffert depuis l'année dernière. Mais les nouvelles salles du rez-de-chaussée sont encore toutes nues et nécessitent plus une touche de couleur et de gaieté que les chambres. Srey Peuv nous avait annoncé qu'une équipe d'étudiants viendrait également pour peindre les murs encore vierges et les décorer de fresques pour les enfants. Vers 10h30 quatre jeunes gens arrivent effectivement et je m'attends de voir le résultat de leurs efforts avant de repartir en fin d'après-midi. Mais après la pause midi les jeunes ont disparus et le mur restera blanc pour aujourd'hui

orphelinatDe mon côté je distribue mes guirlandes à droite et à gauche, et toutes ensembles on s'applique pour les accrocher aux barreaux des fenêtres. Une sorte de guirlandes imprimé en recto-verso fait 8 mètres, et puis il y a aussi des plus petites qui sont imprimées juste d'un côté. Je relie trois guirlandes pour avoir de la longueur et décorer la classe spéciale. Une fois finis, Srey Roath, une des responsables, me rappelle en rigolant car j'avais inversé le dessin d'une des guirlandes. Donc il faut tout décrocher, dénouer, inverser le côté, rattacher les bouts et accrocher le tout à nouveau. Ce n'est pas étonnant qu'après tout cela Srey Roath ait besoin de faire la sieste.

orphelinatElle n'est pas la seule. La petite Rotha s'endort heureux comme Ulysse avec son biberon dans la bouche. Pendant ce temps-là, Marie et moi nourrissons les deux championnes de lenteur : Osampea et Somnang. Lentement, très lentement, mais sûrement le contenu de la gamelle diminue. Ce qui nous laisse le loisir d'écouter ou de regarder les derniers feuilletons indiens et thai à la télé. Ce sont les mêmes voix de doublures que l'année dernière, les mêmes musiques, avec un goût de déjà vu. On n'a pas vraiment besoin de voir l'écran pour comprendre l'histoire. Dans le cinéma asiatique on semble beaucoup apprécier les gros plans avec de longs échanges de regards appuyés mais sans beaucoup d'action. Pendant 5 à 10 minutes au moins on voit ainsi une fille portant une magnifique robe avec un couteau à la main qui s'apprête à découper un énorme gâteau à la crème pâtissière en plusieurs étages. A en juger par les longs regards échangés entre les personnes présentes (des Indiens et des Anglais) je conclue qu'il doit y avoir un explosif caché dans le chef d'œuvre pâtissier. Et voici que passe un bandeau publicitaire en bas de l'écran pour "Freshy Yogurt". Est-ce que le gâteau maudit serait au yaourt et quelqu'un des convives allergique à la matière?... En tout cas, je me suis bien amusée en attendant que ma Demoiselle finisse son déjeuner.

 

 

 

 

 

Lien permanent Catégories : Cambodge 0 commentaire

Écrire un commentaire

Optionnel