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En attendant des visiteurs

L'année dernière, le jeudi était jour de baignade pour les enfants. Aussi nous demandons-nous ce matin en arrivant si c'est toujours le cas. D'un autre côté, je n'ai vu aucun groupe utiliser la piscine cette semaine. Peut-être fait-il encore trop froid pour nos chères têtes blondes. En tout cas nous trouvons encore porte close en arrivant devant notre salle de jeu. Mais le bruit nous indique la direction à prendre. En effet, tous les enfants sont alignés dans leurs fauteuils roulants dans le hall d'entrée, certainement pour accueillir quelque donateur.

Hier soir j'ai vu passer sur Facebook un article du Phnom Penh Times où j'ai reconnu l'enceinte de l'orphelinat. L'article parlait de deux instituteurs pour enfants avec besoins spéciaux ayant donné leur démission parce qu'ils étaient trop mal payés. Or la Rabbit School qu'on mentionne dans l'article a quitté les lieux il y a deux mois déjà. En regardant de plus près, je trouve un commentaire de la directrice qui demande qu'on retire la photo de son institution de l'article parce que cela peut porter à confusion. Quand je la croise ce matin je lui en parle et lui donne raison. Il est si vite fait de tirer de fausses conclusions, d'associer notre orphelinat avec d'autres faits divers, et cela peut refroidir les donateurs si précieux et nécessaires pour la survie du lieu. Même si je n'aime pas beaucoup ces visites orchestrées. La directrice me répond qu'elle a tout de suite appelé le journal pour demander qu'on remplace la photo avec une de l'école concerné. Je ne sais pas si cela a porté ses fruits.

Le temps passe et nous attendons toujours les mystérieux visiteurs du jour. Une musique de disco sort des haut-parleurs au niveau de son typique du Cambodge, c'est-à-dire très fort. Sur le devant de la scène on a préparé un canapé, une table et quelques fauteuils pour les plus haut gradés, et derrière des chaises en plastique pour les viennent ensuite. L'ambiance est bonne. Pour femmes et enfants chaque diversion au rythme quotidien est la bienvenue.

orphelinatQuelques enfants se trémoussent au rythme des notes sous le regard intéressé de quelques unes de mes copines. Les initiés viennent me quémander des ballons gonflables qui finiront bientôt leurs vies dans des éclats bruyants jusqu'à épuisement du stock.

orphelinatCeci ne peut pas ébranler les grands garçons qui sont certainement en train de parler foot. Hahaha, vive les clichés!

En attendant Godot, Marie et moi profitons pour faire quelques tours dans le parc avec nos petits protégés.  

orphelinatEt il y en a même qui se portent volontaire pour nous aider. C'est ce que j'adore dans cet endroit : cette notion de solidarité où les plus vaillants aident les plus démunis. Tout le monde met la main à la pâte. Par exemple, quand les visiteurs arrivent enfin avec leur cargaison de nourriture obligatoire, la petite Nita du haut de ses 7 ans va fièrement porter un sac de riz qui doit presque faire sa taille et son poids pour aider à décharger la voiture. Sa maman n'est pas peu fière!

Les visiteurs font ensuite le tour du centre. C'est aussi une des raisons du   déménagement des salles de jeux au rez-de-chaussée car cela facilite la visite.

Oh, il faut que je vous raconte encore une anecdote qui m'est arrivée hier. Je promenais Srey Neang et nous étions confortablement installées sur une des balancelles quand arrive un garçon qui me réclame tout le temps des ballons gonflables. Quand il est juste devant moi, il descend son short, sort son zizi et fait pipi à mes pieds. Ce qui le fait beaucoup rire. Et la petite, rapide comme un éclair, descend de la balancelle et met ses mains dans le pipi. Je dois avouer que j'ai moins ris que les mamans à qui j'ai raconté l'histoire après.

orphelinat"Rira bien qui rira le dernier." C'est ce qui doit se dire ma copine Sammut, la reine de la rigolade.

Bonne nuit et à demain pour de nouvelles aventures.

 

 

 

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