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Fin de la première semaine

Et voilà que notre première semaine à l'orphelinat s'achève déjà. Quand nous sommes ici le temps n'a plus la même valeur. Je laisse mon portable à la maison car de toute façon il n'y a pas de WIFI à l'orphelinat et ici personne n'est à cinq minutes près. Le réveil sonne à 6h30, nous traînons encore un peu au lit, faisons notre toilette et descendons prendre un café en attendant Monsieur Tom qui arrive selon les aléas du trafic. Et puis c'est la même règle pour nous rendre à l'orphelinat. Nous arrivons quand nous arrivons. La seule exception à la règle que nous nous permettons maintenant est de partir à 16 heures au lieu des 16h30 réglementaires - même si nous avons un peu de mauvaise conscience de laisser tomber les mamans pour remonter les fauteuils roulants à l'étage. Mais la différence en matière de bouchons est énorme (comme à Genève). Nous l'avons testé le premier jour. C'était trop frustrant de rentrer seulement à la nuit tombante.

orphelinatCe matin nous avons longuement discuté avec la directrice qui est vraiment une femme bien et qui s'engage pour les mamans et pour les enfants. Les enfants l'aiment et elle est proche de tout le monde, contrairement à l'ancienne directrice.  Elle nous invite à participer au déjeuner ce midi ainsi ce soir à la fête mensuelle qu'elle organise pour enfants et mamans pour maintenir le morale des troupes. Elle nous raconte également qu'elle donne elle-même tous les soirs à 19 heures une séance de yoga ou de gym pour tous ceux qui veulent bien participer. Malheureusement, beaucoup de femmes n'ont pas encore compris les bienfaits d'une activité physique régulière.

Nous parlons aussi de la difficulté actuelle d'avoir des volontaires dans l'orphelinat. Projects Abroad n'envoie plus que des physios, cela fait deux ans que l'Eléphant blanc, une ONG française, n'a plus envoyé personne, et le gouvernement australien a complètement stoppé les activités de volontaires au Cambodge. Ce qui a certainement contribué à ce malaise ont été les nombreuses reportages télévisés pour dénoncer l'abus de volontaires crédules dans de fausses institutions. Certes, ce genre d'orphelinats existe, mais il y a aussi des institutions comme la notre qui ont vraiment besoin d'aide. La directrice conseille que les personnes intéressées se renseignent auprès du Ministère des Affaires Sociales pour connaître les placements sérieux.

Pour notre centre, le manque de petites mains pour aider aux soins quotidiens est une vraie catastrophe. Les enfants adorent la variété des personnes qui passent, chacun avec ses préférences et ses qualités uniques. Chacun apporte un peu de sa culture, une nouvelle chanson, un nouveau jeu, et contribue à sa façon de faire vivre cet endroit. Les volontaires sont également un soulagement considérable pour les femmes qui font le même travail 24 heures sur 24, ne serait-ce pour pousser les fauteuils roulants, mais aussi pour aider à nourrir les enfants, les changer et les divertir.

orphelinatNous avons quelques bébés et jeunes enfants dans le centre qui ne sont pas handicappés : les deux garçons Somnang et Veasnah ont été abandonnés devant le portail il y a trois ans maintenant. Ils ne pesaient qu'un kilo chacun. De même pour les bébés qui ont rejoint l'orphelinat l'année dernière, Chomrong et Chomrah. Ils ont un an maintenant et sont à croquer.

orphelinatTous les mamans les adorent et quand on passe avec un de ces bébés dans les bras, chacune va leur parler, les taquiner et leur faire des bisous. Ces enfants sont adoptables, mais avec la situation actuelle il est fort probable qu'ils passent toute leur jeunesse et adolescence ici.

 

 

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Puis nous avons un autre bébé qui est arrivé il n'y a pas longtemps, une petite fille aux traits chinois. Son histoire est très différente. Sa mère est en prison. Elle était mère porteuse et la police avait démantelé le réseau en place. Maintenant elle attend son procès. Mais personne ne sait quand il aura lieu. Ensuite elle aura le droit de décider si elle veut garder le bébé ou pas. Devant cette incertitude, les mamans ont un comportement très différent avec cette petite fille, comme si elles voulaient éviter qu'elle s'attache trop à elles. Elle est pensionnaire temporaire mais ne fait pas partie de la famille de l'orphelinat. J'espère juste que cette situation ne durera pas trop longtemps afin de permette à ce petit être à trouver sa personne de référence à laquelle elle pourrait s'attacher pour la vie.

 

Lien permanent Catégories : Cambodge 2 commentaires

Commentaires

  • Ce bébé, cette petite fille que sa maman, après le procès décidera si elle la prendra ou pas… quel est profondément son ressenti les touts petits ayant avant même leur naissance dès la fin du second mois de grossesse de leurs mères comme des antennes?

    Et puis quant à ne pas trop s'attacher… le comportement des mamans:

    on fit un test avec point final dès que le résultat fut connu.
    On divisa en deux groupes des bébés de prisonnières.
    La premier groupe demeura en prison y vivant évidemment pauvrement mais en recevant toute la tendresse de leurs mamans.
    Le second groupe déménagea en un lieu d'abondance matérielle mais sans recevoir de tendresse. Les bébés de ce second groupe tombèrent malades.

  • J'ai également pensé qu'il aurait été préférable pour ce bébé de rejoindre sa maman en prison. Hélas, le Cambodge ne permet pas cette pratique. Les parents biologiques, certainement d'un milieu bien aisé, n'ont pas eu le courage de se manifester auprès de la police pour récupérer leur enfant désiré. Cette fillette était destinée à une vie dorée - Dieu sait comment sa vie sera pour de vrai.

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