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Fin de la deuxième semaine

Ce matin nous avons craqué et également sorti nos polaires. 19 degrés le matin avec du vent - il semble que nous soyons déjà bien acclimatées pour ressentir le froid. Quand nous arrivons à l'orphelinat, deux élèves de la classe spéciale et leur enseignante sont en train de lever le drapeau cambodgien. Je vois tout de suite que tout le monde porte des jolies vestes polaires flambant neuves. Plus tard la directrice nous confirmera qu'un donateur leur a envoyé une cargaison de vêtements chauds. En tout cas, c'est arrivé à point nommé.

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La classe spéciale a été créée l'année dernière. Elle regroupe les enfants sans handicap et ceux qui savent un peu lire et écrire. Certains parmi eux allaient initialement à une autre école, mais ils se sont fait virer parce que trop dérangeants pour le reste de la classe. Ici ils trouvent toute l'attention qu'il leur faut avec une institutrice pour le sérieux et la pétillante Srey Roath pour les jeux.

Quand les enfants de la classe spéciale m'aperçoivent, c'est la ruée sur les ballons gonflables. Ils savent très bien où je les cache dans ma banane, et aucune des nombreuses poches n'échappe à leur attention. Je suis vite dévalisée de mes petits cadeaux et dois consoler les autres enfants qui arrivent trop tard.

orphelinatIci c'est toujours le plus fort qui gagne. Même chez les démunis. Regardez-moi ces deux petites chipies qui se disputent le ballon. Dans les solutions du conflit possible nous avons : a) le ballon explose, b) le vent l'emporte ou c) un enfant plus grand vient le leur prendre. 

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Ce jeune Diego Maradona par exemple vient me quémander des ballons chaque fois que nos chemins se croisent pendant qu'on promène les enfants. C'est à dire pleins de fois dans la journée. J'ai beau lui expliquer qu'il y en a plus, il va me le redemander au prochain tour. Lui et son copain sont des férus du ballon et passent leur journée à tirer ou lancer la balle. Pas très bien ni très précis, mais ils s'amusent et c'est ce qui compte.

orphelinatContrairement à nos habitudes nous recherchons ces jours-ci le soleil pendant nos balades dans le parc. Le matin les enfants sont sur la véranda à l'ombre où le vent s'engouffre facilement. Ils grelottent beaucoup et nous les mettons au soleil pour les réchauffer.

orphelinatDans les mamans de notre groupe il y en a une que Marie et moi ne portons pas vraiment dans notre cœur. Elle ne s'intéresse pas du tout aux enfants et les manie sans grands égards. Seul les bébés sans besoins spéciaux semblent l'attirer un peu. On se demande comment elle a atterri ici. Elle passe sa journée au téléphone et nous ordonne juste de ramener les enfants dans leurs chambres quand c'est l'heure. A part cela elle ne fait pas grande chose. Cet après-midi elle se coupait les ongles, l'autre faisait du point de croix, pendant que Marie et moi nourrissions les enfants. On veut bien que les mamans profitent un peu de notre présence pour se reposer, mais là c'est quand même un peu fort de café.

orphelinatA midi nous étions à nouveau conviées à partager la soupe khmère avec les mamans. On plonge les nouilles dans un potage délicieux à base de poisson, cacahuètes et je ne sais pas quoi, puis on rajoute des herbes et légumes. C'est délicieux!

orphelinatMais avant de pouvoir savourer notre potage, nous devons faire manger nos enfants. Il y a des jours où tout se passe bien, puis il y en a d'autres. Marie se bat avec Osampea qui fait des bulles en mangeant et moi avec Samnang qui s'endort entre deux bouchées. Quand il faut vider une grande assiette remplie de bouillie avec une petite cuillère à ce rythme, cela fait parfois penser au travail de Sisyphe.

Chaque enfant a sa spécificité pour manger et nous aimons nous occuper des mêmes enfants parce que nous les connaissons mieux et savons comment respecter leurs besoins. Wikipédia nous apprend que la langue est un organe situé dans la cavité buccale, qui sert à la mastication, à la phonation et à la déglutition. Pour nos enfants c'est justement souvent la langue qui se met dans le chemin pour bien manger. Les enfants font de leur mieux, mais beaucoup d'entre eux ne maîtrisent pas leur langue. Ainsi, au lieu de repousser la nourriture vers le fond de la bouche et l'œsophage, la langue pousse la nourriture à nouveau vers l'extérieur. Quelques enfants ont appris à bien ouvrir la bouche, ce qui permet de mettre la langue hors jeu pour un petit moment et de faciliter notre travail. Mais d'autres enfants se donnent beaucoup de peine pour nous aider en remuant leur langue. En fait, c'est le contraire qui se produit - mais qui peut leur en vouloir.

Voilà, notre deuxième semaine touche à sa fin. Ce soir nous prenons le bus de nuit pour Siem Reap. Arrivée à cinq heures du matin. Vive les vacances!

 

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