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Le count down a commencé

Ce matin nous nous réveillons dans le calme plat : plus de musique, plus d'ouvriers, plus de petit déjeuner sous notre fenêtre. Pourtant les travaux continuent encore pendant la journée. Dommage, nous aimions bien ce réveil en douceur. C'est comme un signe annonciateur de changements. Et oui, le glas a sonné pour nos derniers jours à l'orphelinat. C'est fou - pendant la première semaine on redécouvre le rythme et on se dit qu'on a encore plein de temps. Plus les journées passent, plus le temps s'accélère, et tout d'un coup la fin est déjà toute proche. Les mamans commencent aussi à compter les jours et nous devenons un peu nostalgiques.

orphelinatMais ce matin c'est encore une fois la rigolade avec les adolescents qui s'entraînent à la vannerie. Enfin, leur motivation est plus à l'amusement qu'à l'apprentissage de ce nouvel art pour eux. Puisque beaucoup des jeunes ne veulent plus aller à l'école mais qu'on ne peut pas non plus les laisser à eux-mêmes, la directrice a décidé de les initier à la vannerie pour occuper leur temps avec quelque chose d'utile. Les paniers de différentes tailles s'accumulent dans la salle et sont en vente. Je veux faire ma bonne action et en acheter, mais Punnary m'informe que les mamans ont déjà prévu de nous en offrir. Je m'en doutais bien. Mais je réussis quand même à négocier d'en acheter quelques un afin de pouvoir laisser quelques dollars à l'orphelinat. La sœur de Maywen qui enseigne cet art aux jeunes est fière de voir la récompense en billets de son travail ardu. Maintenant il faudrait juste que j'arrive à caser tout cela dans mon sac de voyage qui commence à se remplir sérieusement.

orphelinatDans la matinée on voit également resurgir nos artistes peintre. Marie et moi nous rendons compte qu'une d'elles a fait partie de l'équipe de course à Siem Reap. Nous sommes aussi surprises les unes comme les autres. Cette fois-ci les choses ont l'air de devenir un peu plus sérieuses car au moins la couleur fait son apparition sur le mur. Hélas, épuisées de leurs efforts du matin on ne les verra plus dans l'après-midi et la peinture murale n'aura pas beaucoup avancé. Je pense qu'elles ne se rendent pas compte à quel point leurs travaux dérangent le cour de nos activités quotidiennes. Mais bon, on va miser cela sur leur jeune âge.

La température est en train de remonter et le vent se calme. Dans la matinée il fait encore frais (dans les 20 degrés), mais ensuite la température monte quand même vers les 30 degrés. Juste à temps avant de retourner dans la grisaille genevoise froide et humide.

orphelinatEn partant, la maman de Nimol nous montre fièrement l'avancement de son dernier ouvrage. Elle adore broder dans son temps libre, par exemple en gardant son dernier petit-fils. L'année dernière Marie et moi avions reçu chacune un tableau brodé avec horloge intégré. Très kitsch et très touchant à la fois. Cette fois-ci elle s'est attaquée à un paysage marin avec pleins de poissons. Elle a encore du pain sur la planche avant d'en arriver au bout.

Ce soir nous dînons chez Mansour. En rentrons j'aperçois une famille qui s'installe pour la nuit à côté de notre chantier, coincée entre une palissade, un muret de briques entassées et la rue. Dans un coin une moustiquaire posée sur une natte avec un bébé qui dort déjà. Devant le musée national nous croisons également souvent un couple qui dort à même le sol sur une natte avec juste une moustiquaire comme protection.

D'après nos discussions avec des amis locaux, le Cambodge va mal. Les prix de consommation augmentent tandis que le prix de production du riz a baissé, et le gouvernement ne veut pas subventionner les agriculteurs. La plupart des fruits et légumes sont maintenant importés du Vietnam, de la Thaïlande et de Chine. Ils sont souvent traficotés et les gens tombent malades. En réponse à ceux qui se sont plaints de la mauvaise qualité de la nourriture, le gouvernement a répondu à la Marie-Antoinette que les gens n'avaient qu'à acheter d'autres produits. Et ben voyons.

Phnom Penh est sale et la voirie ne fait pas son travail correctement. A Phnom Penh le tourisme a chuté de 20%, à Siem Reap de 80%. Pour la première fois nous avons vu des boutiques fermées en plein centre touristique de Siem Reap. Ce serait aussi dû aux Chinois qui viennent en voyage organisé. Ils dorment dans des hôtels Chinois, mangent dans des restaurants Chinois et ne consomment pas local. Aucun petit profit à faire pour les Khmers.

J'aime ce pays et sa population si souriante et accueillante, mais aujourd'hui je me demande quel sera son avenir.

 

 

 

 

 

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