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Ecouter le silence

silenceLe metteur en scène de notre troupe de théâtre a l'habitude de nous inciter à écouter le silence qui règne entre nous avant de prendre la parole. C'est incroyable comment le silence peut être parlant. Il n'est pas vide. A force qu'y prêter attention, il devient dense, tangible, rempli d'attentions et d'intentions. Au théâtre comme dans la musique et aussi dans la vie de tous les jours. Parfois c'est le silence qui nous touche le plus, qui nous émeut.

Il y a silence absolu et silence relatif. Avec moins de voitures qui circulent, la seule moto qui passe en pétaradant devient encore plus insupportable à mes oreilles que d'habitude. Sans parler du fait que, vu son niveau sonore, elle ne respecte certainement pas les limites de la vitesse imposées.

 

silenceVous l'aurez compris maintenant - j'adore les oiseaux dans mon jardin, mais dans le silence de la ville arrêtée et repliée sur elle-même, leurs chants me semblent amplifiés à outrance.

Dans la pause de midi je m'octroie une petite pause au soleil, emmitouflée dans une couverture. Je ferme les yeux, offre mon visage au soleil et savoure ce moment de tranquillité. Le vent me caresse les joues par petites rafales fraîches qui vont ensuite disperser les écorces vides des graines de tournesol sur ma terrasse. Cela fait un petit bruit sec de raclement. Puis il secoue les feuilles des arbustes qui entament une joyeuse danse au rythme de la bise. J'entends un toc toc toc. Pensant que c'est mon pic épeiche qui s'attaque au tronc de mon arbre je rouvre mes yeux. Et bien non, c'est juste une petite mésange assise sur une branche qui picore un grain de tournesol pour l'ouvrir. Ce petit bruit insignifiant est devenu très distingué.

Dans le ciel bleu, les avions deviennent de plus en plus rares. Au loin j'entends la sirène d'une ambulance. Pas de voix, pas de musique. Calme, luxe et volupté.

La semaine dernière j'aurai voulu passer ma tondeuse pour dompter un peu cette herbe qui pousse dans la folie printanière. Je n'ai pas osé déranger le silence. Jusqu'au moment où un voisin a daigné de le faire à ma place. Après m'être offusqué de ce sacrilège, je me suis également précipité sur ma tendeuse pour profiter du moment. Pendant une vingtaine de minutes nos tendeuses ont unifiés le ronronnement de leurs moteurs avant de se taire à nouveau pour la paix des oreilles.

Finalement il y a le silence que nous recherchons au plus profond de nous même, par la méditation par exemple. L'écoute de ce silence intérieur nous offre un moment bienfaisant de suspension dans l'agitation continuelle de notre cerveau. Ainsi, c'est peut-être le moment de profiter de notre confinement pour nous initier à cette pratique et de nous mettre à l'écoute de notre corps et de notre cœur.

Voici pour finir ce petit billet, interprété par Simon et Garfunkel, le Sound of Silence.  Cinquante ans après la sortie de ce tube, c'est toujours aussi agréable à écouter.

 

 

 

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Commentaires

  • merçi Béate pour ce bon moment de silence!!!!
    bonne journée

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