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Journal de Confinement - Le début

confinementLundi j’étais fâchée parce que je voulais continuer à travailler au bureau, mais on ne m’a pas laissé. Je ne suis pas essentielle à la survie de l’entreprise. On me dit de me préparer pour travailler à distance. Comment est-ce qu’on se prépare à une chose complètement inconnue ? J’emporte avec moi une grosse pile de documents pèle-mêle. J’aurais enfin le temps de tout lire et classer. Puis quoi ? On n’a jamais eu l’occasion de tester le télétravail avant cette crise, alors ce sera l’aventure. En tout cas, je décide de garder le moral quoi qu’il arrive. Un petit tour à la Migros pour m’offrir des œufs en chocolat avant que la frontière ne ferme. Tout a l’air normal. Il fait beau. Les arbres sont en fleurs et je roule décapoté. La situation semble tellement surréaliste.

confinementMardi matin. Première anomalie quand le radio réveil se met en marche - il n’y a pas de nouvelles comme d'habitude à 6h30, juste de la musique comme lors des jours fériés. Je sors pour me rendre à la boulangerie et m’étonne d’apercevoir un bouchon énorme qui remonte toute la rue depuis la douane. J’imagine que les garde-frontières suisses font leur travail et contrôlent chaque voiture. Du coup je suis contente de ne pas devoir franchir la frontière de mon côté. Il paraît que nous sommes en guerre.

Je décide de maintenir mon rythme de travail normal et commence ma journée comme d’habitude par un petit café avec ma collègue, juste que ce coup-ci nous le prenons à distance et sans la belle vue à laquelle nous sommes habituées.  La matinée passe à résoudre des petits problèmes techniques de connexion avec les différentes applications et avec mes autres collègues, mais finalement on y arrive. Il faut trouver son rythme de travail et sa place. Pour commencer, je m’installe dans la cuisine.

confinementJ’entends les oiseaux du jardin chanter à tue-tête. Je les nourris seulement depuis le début de l’année, mais visiblement ils se sont passé le mot. C’est un ballet incessant de becs voraces qui se jettent sur les graines de tournesol et les boules de graisse : mésanges, pinsons des arbres, verdiers d’Europe, chardonnerets élégants (regardez comme il est beau!), rouge gorges, merles, étourneaux sansonnets, moineaux. J’ai même aperçu un pic épeiche qui passait comme un éclair. Ou peut-être en éclaireur ? Voici un avantage considérable de pouvoir travailler depuis la maison. Enfin je peux voir qui vide mes mangeoires.

Ce qui me manque le plus est le fait de pouvoir marcher. Au bureau je me lève à la moindre occasion pour parcourir les corridors. Bien que mon appartement soit de taille agréable, ce n’est quand même pas la même chose. Je commence à sentir mes genoux et en fin d’après-midi je décide donc de braver l’interdit et de faire un tour dehors. Je rencontre des voisins restaurateurs.  Leur restaurant est fermé, mais ils vendent encore du café. Ils me donnent une feuille que je devrais remplir à chaque sortie. Comment fait-on quand on n’a pas d’imprimante chez soi? Il paraît qu'il faut recopier le texte comme quand on était à la maternelle. 

Je fais le tour du pâté de maisons et suis heureuse de découvrir que le vin fait partie des produits de première nécessité car la boutique est ouverte. Vive la France ! J’en profite pour remplir mon stock. A priori je ne bois qu’en compagnie, mais qui sait ce qui peut encore arriver avec les semaines qui passent.

confinementPour finir la journée je décide d’attaquer mon nettoyage de printemps en rangeant mon armoire. Ne pas trop à la fois, car nous avons encore bien des journées à remplir devant nous. Je sens que mon appartement sera étincelant à la fin du confinement imposé...

Portez-vous bien et gardez le moral!

 

Lien permanent Catégories : Air du temps 4 commentaires

Commentaires

  • Merci Beate pour cette initiative de garder le lien avec nous tous.
    Comme indépendante, j'ai l'habitude des longues périodes de travail seule chez moi. Mais là, comme tu le dis, c'est l'inconnu. Ce n'est pas planifié. Ce n'est pas quantifié.
    Alors, pour ceux qui ont la chance, il reste les fleurs à observer, les oiseaux à écouter… Les bruits du voisinage qui, heureusement, nous rappelle que nous faisons partie d'une société, bien malade certes (dans tous les sens du terme), mais bien réelle.
    Gardons le contact, virtuel certes, mais fondamental. :)

  • Bonjour Beate,

    merci pour tes mots. J'aimais déjà tes blogs sur le Cambodge. Maintenant c'est des messages envoyés de Ferney-Voltaire. ça semble loin maintenant. Je me réjouis déjà de lire tes prochaines petites histoires.

  • Bonne surprise Beate. Belle initiative ton journal .On aura besoin de lien et de papoter entre nous pour garder le moral
    Depuis 2 jours je passe pas mal de temps à jardiner et à peaufiner les rangements.et aussi à prendre des nouvelles de ma famille et mes amis.
    A plus bises

  • Merci Beate ,voyons les choses comme une opportunité de découvrir . Comme toi je pense que ma maison va être rangée comme jamais elle ne l'a été .
    On peut prendre le temps ...de vivre le moment présent!!!Je t'embrasse et attends des nouvelles ...

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