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Parenthèse agréable

20180617_144649.jpgSamedi chéri, mon jour de sortie! En temps normal je serais maintenant en Allemagne pour fêter les 60 ans de ma copine et voir ma famille. J'espère au moins que je pourrais y aller pour les 92 ans de mon papa au mois de juin.

Sans avions le ciel est bleu immaculé. Les quelques avions qui passent laissent leurs traînées dans le ciel qui s'élargissent rapidement en une couche de cirrus. Ce n'est rien pourtant comparé aux carrés denses dessinés artificiellement auxquels ont avait droit avant le confinement. Trente minutes plus tard le ciel est à nouveau limpide.

 

Après trois semaines de confinement j'ai maintenant ma petite routine pour mon samedi en semi-liberté: d'abord un passage à la boulangerie. Comme j'y vais tôt il n'y a personne dans la boutique. Ma boulangère préférée n'est pas là non plus. C'est la patronne qui me sert pendant qu'une autre collègue m'encaisse. Puis petit déjeuner à la maison avant d'aller faire mes courses. Je passe à la pharmacie pour me défaire des médicaments périmés que j'ai trié lors de mon ménage approfondi. Avec tous ces rangements en cours, c'est juste dommage qu'on n'ait pas le droit de passer à la déchetterie pour se débarrasser des affaires à jeter. Au magasin bio je me retrouve avec bon nombre de clients qui ne respectent pas forcément les distances de sécurité. Petit passage à la Cave de France pour ma bouteille de rouge hebdomadaire. Je suis trop contente que le vin fasse partie des premières nécessités en France.

Mais qu'en est-il d'une machine à laver? Je ne sais pas pourquoi, mais cette pensée m'obsède depuis quelques temps. Ma machine à laver est tombée une fois en panne entre noël et nouvel an et c'était une catastrophe pour moi. Heureusement mon électricien était venu me dépanner tout de suite en janvier. Il habite à 10 km. Est-ce que dans un cas pareil il aurait encore le droit de venir me voir? Je ne sais même pas s'il travaille ou pas. Ou mon frigo qui est aussi ancien. L'autre jour j'ai eu une petite peur en ouvrant la porte parce que la lumière était éteinte. Je me rends compte que les produits de première nécessité ne sont pas les mêmes selon l'état de richesse d'un pays. Mes petits soucis sont bien des soucis de privilégiés. Au Cambodge tout le monde n'a pas de frigo et encore moins de machine à laver.

P1070680.JPGFinalement je complète mes emplettes au supermarché. Sur le parking je tombe sur une connaissance que j'avais également croisé la semaine dernière. Nous nous saluons dans un rire joyeux devant la similitude de nos habitudes, puis nous prenons le temps pour discuter un peu. Cela fait du bien. Rien ne remplace la proximité humaine. Je ne sais pas si ce sont nos vibrations et ce que nous dégageons, mais se voir derrière un écran ou en vrai - ce n'est pas pareil.

La dame tient un énorme bouquet de tulipes dans ses bras. Cinquante tulipes pour à peine neuf euros! Moi qui adore les tulipes, vous pensez bien que je m'empresse d'en acheter également et les partager ensuite avec ma collègue retraitée pour qui je fais quelques courses. Cela me permet de refaire ma petite virée pour la livraison à domicile. Je suis à nouveau éblouis devant la beauté du printemps: le vert tendre des premières feuilles, les couleurs vives des arbustes en fleurs, des jonquilles, jacinthes, pâquerettes et dents de lion. Je ne me lasse pas de m'émerveiller devant cette explosion joyeuse de la vie qui renaît après l'hiver.

Mon amie est contente de cette petite parenthèse dans son isolement temporaire et m'invite à prendre un café sur sa terrasse. Quel bonheur d'avoir un deuxième moment de partage en réel! Nous papotons pendant un long moment au soleil. Puis je repars heureuse, avec les dernières pommes du jardin, un peu de thym et un énorme pot de confiture de pêches faite maison. Elle n'est pas belle la vie?

P1070679.JPGJe décide de profiter du beau temps et du week-end pour nettoyer ma terrasse. J'attends sagement 14 heures avant de lancer le Kärcher bruyant. Un de mes voisins a moins de sollicitude et démarre sa tendeuse déjà à 13 heures. En deux heures ma terrasse est toute belle et propre. J'avertis mes oiseaux de ne pas la salir à nouveau avec leurs graines de tournesol, mais je ne suis pas sûre s'ils comprennent bien le message.

Satisfaite de mon travail, je m'offre une pause gourmande tout en admirant mon oeuvre de la journée, suivi d'une petite sieste dans mon transat. Un voisin s'est mis à répéter sur sa batterie. C'est moyen. J'aurai préféré une guitare ou un saxo. Un peu plus tard mes vœux sont exhaussés et j'entends du piano et puis du saxo. C'est nettement plus mélodieux!

Puisque je reste immobile, les oiseaux s'approchent à 3-4 mètres pour manger, mais dès que je bouge un bras tout le monde s'envole. Chacun a sa manière spécifique de se déplacer et de manger. Les moineaux me font penser aux hélicoptères. Ils peuvent plonger à la verticale et faire du stationnaire. Au restaurant de la piscine de Varembé je me suis toujours amusée d'observer comment ils arrivent à ouvrir les portes automatiques. La première fois je m'étais dit que c'était un coup de chance. Mais non! Ils ont très bien compris à quel endroit ils doivent se placer en stationnaire pour faire déclencher l'ouverture des portes.

P1070682.JPGLes moineaux adorent les boules de graisse. Parfois ils sont accrochés à quatre sur la mangeoire. A partir de ce soir ce sera régime. Il me reste deux boules et c'est la fin. Mais les moineaux mangent aussi par terre, tout comme les pinsons des arbres et les verdiers. A ma grande surprise même le pic épeiche s'est abaissé à picorer sur le sol. Ça alors! Je l'ai surpris en regardant par la fenêtre. Il avait l'air d'un gros poussin parmi les autres oiseaux plus petits. Ce n'est que quand j'ai vu le rouge que j'ai compris que c'était lui. Il est trop drôle avec son air pataud. On dirait qu'il ne sait pas viser. Quand il atterrit sur mon arbre, c'est soit trop haut, soit trop bas par rapport à la mangeoire. Alors il se déplace avec des mouvements saccadés pour atteindre la bonne hauteur. C'est toujours par coups de trois. Un deux trois je monte, un deux trois je descends, pic pic pic je mange et puis je scrute les environs. Sans le confinement je n'aurais probablement jamais eu le temps et le loisir d'observer les oiseaux comme je peux le faire maintenant. Comme quoi chaque situation a toujours du bon.

Je termine ma soirée avec un spectacle à la Comédie française devant mon ordinateur. Avec La Comédie continue! ils nous proposent une programmation à la fois familiale et pédagogique, poétique, divertissante et toujours théâtrale. Si vous aimez le théâtre, n'hésitez pas d'allez voir le programme en cliquant sur le lien. Les comédiens nous offrent des spectacles divers à partir de 16 heures. Merci chers artistes! Que sera le monde sans les métiers de l'art et de la culture?

Bon dimanche et portez vous bien.

 

 

 

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Commentaires

  • Bon dimanche béate ta volière s'agrandit un pic epeche quelle surprise !c'est le cadeau du dimanche .bises

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