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Vivre dans sa bulle

confinementNous voilà en cinquième semaine de confinement. Globalement, et comparé à d'autres, je ne peux pas me plaindre. J'ai du travail, je me retrouve seule dans un grand appartement avec un petit jardin, je suis en bonne santé, il fait beau, j'ai des contacts réguliers et fréquents avec mes collègues et mes amis. Mon fils, lui, est confiné à Lyon dans 20 mètres carrés où il navigue entre son lit et son ordinateur. C'est nettement plus difficile à supporter et il a du mérite. Les copains lui manquent. A moi aussi. Mon compagnon se trouve à 10 kilomètres seulement, mais nous n'avons pas encore trouvé une bonne excuse qui pourrait nous rapprocher. Décidemment, il y a trop de supermarchés dans le Pays de Gex et les amandes coûtent chères!

J'ai à peu près testé toutes les pièces de mon appartement pour y travailler. Aucun endroit n'est idéal et je regrette mon fauteuil ergonomique et tous les petits gadgets qui nous rendent la vie plus facile en temps normal, sans parler d'une imprimante, d'un grand écran et, avant tout, les collègues en chair et en os. On a beau dire, l'être humain n'est pas fait pour vivre en isolation. Puisque je ne peux rien faire par rapport à mes collègues, j'ai au moins décidé aujourd'hui de m'offrir un repose pied et un tapis de souris ergonomique, car je commence à sentir un début de tendinite dans les avant-bras. Vivement le retour au bureau!

Bien qu'il fasse bon dehors, dans l'appartement il fait assez frais. Alors je sors régulièrement pour me réchauffer un peu au soleil, faire le tour de mes plantations récentes, les arroser, remplir les mangeoires et arracher quelques mauvaises herbes. Cela fait du bien de bouger un peu et d'étirer les jambes. J'ai l'impression de vivre dans une bulle et que la vraie vie s'écoule dehors sans moi. De temps en temps j'appelle des collègues avec qui je travaille régulièrement pour voir comment ils vont. Quelques uns sont très angoissés et stressés par la situation. Ils vivent dans la peur de ce qui pourrait leur arriver et n'osent même pas sortir devant leur porte. Une chose est sûre: trop regarder les nouvelles n'est pas un antidote contre la peur. Au contraire.

Je profite de mes moments au soleil pour méditer un peu et savourer le moment présent. Hier nous étions une quarantaine de participants d'un atelier prévu pour le mois de juillet à nous retrouver sur Zoom. J'ai peu d'espoir que l'atelier pourra avoir lieu cette année, mais c'était quand même chouette de faire la connaissance des uns et des autres par cette voie. Chacun était invité à raconter en une minute comment on vivait la situation actuelle. Les témoignages étaient parfois très touchants, et sans les connaître véritablement je me sens déjà proche de certaines personnes grâce à leurs partages.

confinementL'après-midi je m'installe souvent avec mon central multimédias sur le canapé. C'est loin d'être ergonomique, mais au moins je me retrouve à côté de la fenêtre ouverte qui laisse entrer le soleil. Les oiseaux chantent le printemps. Parfois les moineaux piaffent tellement fort que je dois fermer la fenêtre quand je suis au téléphone ou sur Skype. En tendant l'oreille j'entends les bruissements des feuilles sèches sur le sol quand les merles reviennent faire le tri des matériaux pour leur nid. Dans l'ensemble je vois moins d'oiseaux maintenant. Soit ils sont occupés par la construction de leurs nids, soit ils trouvent d'autre nourriture dans la nature. Les plus fidèles pour grignoter les graines de tournesol sont encore les verdiers et les moineaux.

confinementUn petit regard par la fenêtre me permet également de surprendre les corbeaux en flagrant délit, une branche volée de bouleau dans le bec et prêts à s'envoler vers leur nid aérien.

Avec les semaines qui passent la notion du temps s'estompe également. J'essaie de garder un même rythme pour me lever, manger, travailler, mais j'oublie par exemple souvent d'aller vérifier le courrier. De toute façon, on ne le délivre maintenant que trois jours dans la semaine, alors pour un jour de plus ou de moins cela ne fait pas une grande différence.

En Allemagne et en Suisse on pousse pour un retour à la vie active. Au moins cela laisse une lueur d'espoir à l'horizon. La bonne nouvelle ici est que la déchetterie de Saint Genis est à nouveau ouverte. Voilà qui me donne une bonne excuse pour sortir et me débarrasser des mes déchets de jardins et du résultat de mon tri à la maison.

Les journées passent vite à ne pas faire grande chose. Je ne me sens pas très productive. En même temps je n'ai pas non plus l'impression de pouvoir faire des choses qui m'échappent en temps normal, comme lire un livre, juste pour le plaisir. Nous passons beaucoup de temps à communiquer les uns avec les autres, à s'envoyer des bêtises sur WhatsApp ou Facebook pour rigoler un peu, comme pour conjurer le sort, mais nous sommes privés de la vrai communication en tête à tête.

Décidemment nous vivons une période étrange et je commence à trouver le temps un peu long.

 

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Commentaires

  • Moi aussi je trouve le temps long même si je ne suis pas en télé travail ,mais je me demande comment je vais pouvoir coiffer mes clientes avec la sécurité sanitaire ?????

  • J'ai bien apprécié ta "capture" du présent, Beate. Merci

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