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Histoires de frères

confinementRéveil matinal par le chant du merle à six heures. Je me dis que c’est typique pour un samedi - avant de réaliser que nous ne sommes que vendredi. Décidemment, je commence à perdre la notion du temps. Je décide de profiter de la fraîcheur pour arroser mon jardin. Mon arbre a presque entièrement déployé sa belle robe vert tendre et est éclairé par la lumière du matin. Mon cœur s’en réjouit. Pourtant j’ai l’impression que les feuilles commencent déjà à se flétrir sous la sécheresse. Vivement que la pluie arrive ce week-end !  En attendant j’apporte ma petite contribution en eau. A côté de mon groupe d’arbres s’est implanté un lilas sauvage. J’adore les lilas, leur belle couleur et leur parfum. Celui-là donne beaucoup de feuilles mais peu de fleurs. Il y a quelques années une amie m’avait offert et planté chez moi un lilas blanc et un violet. Les deux frères ne sont pas loin l’un de l’autre, pourtant leur évolution a été complètement différente. Le blanc a reçu une place bien ensoleillée et s’est concentré à pousser en hauteur. Il m’a déjà fait quelques grappes blanches, mais son feuillage n’est pas très dense. L’autre s’est retrouvé coincé entre deux arbustes et se situe plus proche de l’arbre. Il reçoit moins de soleil et est resté beaucoup plus chétif. Pourtant il continue à grandir, mais plus en largeur qu’en hauteur. C’est quand même intéressant d'observer comment la nature trouve des stratagèmes pour toujours s’adapter aux conditions existantes.

confinementAprès mon billet d'hier j'ai quand même décidé d'aller relever mon courrier. Bien m'en a pris car j'y ai trouvé un petit paquet de survie envoyé par mon amie d'Allemagne qui m'a bien faire rire: un joli masque fait maison et la première saison de Daktari en DVD. Mon Dieu! Il y a des blagues qui circulent sur le net avec des photos d'objets insolites comme une machine à écrire à l'ancienne, indiquant que ceux qui reconnaissent ces objets sont des personnes à risques, sous-entendu vieilles. Et bien je pourrais dire la même chose à propos de Daktari. C'était notre série chérie quand nous étions à l'école primaire et nous rejouions les scènes pendant la récréation. J'étais Clarence, le lion qui louche (aucune idée pourquoi - je ne louche même pas) et ma copine était le Dr. Thomson. Notre feuilleton passait le samedi de 17h30 à 18h15, mais à 18 heures commençait une émission de sport. Foot contre Afrique = 1:0. Donc, chaque semaine nous nous retrouvions virées de la télé et privées de la fin de l'épisode. Frustration suprême! Au moins je pourrais me rattraper maintenant à ma guise pour raccourcir les semaines de confinement restantes.

En réponse à un autre billet récent où j'évoquais le thème de la vie après le mort, mon amie m'a également envoyé une très belle histoire écrite par un prêtre catholique que j'ai envie de partager avec vous:

Un jour des frères jumeaux furent conçus dans le ventre de leur mère. Les semaines passèrent et les garçons grandirent. Au fur et à mesure que leur conscience s'éveillait leur joie augmentait également : «Dis, n’est-ce pas formidable que nous ayons été conçus? N’est-il pas merveilleux que nous vivions?» Les jumeaux commencèrent à découvrir leur monde. Quand ils trouvèrent le cordon qui les reliait à leur mère et leur procurait de la nourriture, ils chantèrent de joie : «Comme l’amour de notre mère est grand puisqu’elle partage sa propre vie avec nous!»

Au passage des semaines, puis des mois, ils réalisèrent soudainement combien ils avaient changé.

«Qu’est-ce que cela veut dire?» demanda l’un d’eux. 

«Cela signifie», répondit l’autre, «que notre séjour dans ce monde prendra bientôt fin.» 

«Mais je ne veux pas partir», dit le premier, «je veux rester ici pour toujours.» 

«Nous n’avons pas le choix », répondit le deuxième, «mais peut-être qu’il y a une vie après la naissance.»

«Comment cela pourrait-il être ?» demanda le premier, doutant. «Nous perdrons notre cordon vital. Comment pourrions-nous vivre sans lui? Et d’ailleurs, d’autres avant nous ont quittés ce ventre et aucun d’entre eux n’est revenu pour nous dire qu’il y a une vie après la naissance. Non, la naissance c’est la fin!»

Alors le premier tomba dans une profonde tristesse et dit: «Si la conception se termine par la naissance, quel est le sens de la vie dans le ventre de la mère? C’est inutile. Peut-être qu’il n’y a même pas de mère.» 

«Mais elle doit exister», protesta l’autre, «sinon, comment aurions-nous pu venir ici? Et comment aurions-nous pu rester en vie?»

«As-tu déjà vu notre mère?» demanda le premier. «Peut-être qu’elle ne vit que dans notre imagination. Nous l’avons inventé parce que cela nous permet de mieux comprendre nos vies.»

Leurs derniers jours dans le ventre de leur mère furent donc remplis de nombreuses questions et d’une grande peur. Vint enfin le moment de la naissance. Quand les jumeaux quittèrent leur monde, leurs yeux s’ouvrirent. Ils s’écrièrent: Ce qu’ils virent surpassait leurs rêves les plus fous. (D'après une idée d'Henri Nouwen)

confinement

 

Parler de l’origine presque sans le dire. Parler d’où nous venons, de cette obscurité feutrée où l’on s’édifie en secret. Parler de ce voyage hors de l’obscurité, et de l’éblouissement.

Naître, vivre! Parfois brûler dedans.

Recommencer, jusqu’à l’accomplissement. Surrection, résurrection. Naissance et renaissance. (John Goetelen)

Voici le clip: Comme un Uppercut

 

 

 

Très bon week-end à toutes et tous.

 

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