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Rendez-vous à Jardiland

Samedi - mon jour préféré car jour de sortie. Je fais ma tournée habituelle, mais je constate un changement significatif. Je trouve qu'il y a beaucoup plus de monde dans les rues que les semaines passées. Malgré le mauvais temps. Cela sent déjà un peu la fin du confinement. Les gens sont plus souriants, on discute tout en gardant les distances de sécurité. Dans quelques boutiques on peut commencer à retirer des articles. La vie reprend son cours normal.

Petit attroupement sur la terrasse de mon café préféré. C'est la même équipe qui se retrouve tous les samedis pour prendre un verre ensemble. Le café est toujours fermé, mais les femmes s'installent sur la terrasse pour discuter, debout, en formant un grand cercle. Une lueur d'espoir aussi pour le marché qui pourrait peut-être reprendre samedi prochain. Tout le monde s'accroche à cette lumière qui pointe à l'horizon pendant que nos voisins suisses, allemands et autrichiens sont déjà en plein mode de reprise économique. Même les Espagnols ont reçu l'autorisation de sortir.

Depuis que j'ai appris à lire j'adorais me rendre à la bibliothèque municipale pour emprunter des livres. J'ai encore l'odeur du papier dans les narines quand j'y pense. Devenue adolescente elle m'a servi d'excuse pour rencontrer mon petit ami. La bibliothèque se situe seulement à quelques centaines de mètres de ma maison en Allemagne. Je ne sais pas pourquoi, mais le destin voulut toujours que je dusse faire des détours pas possible pour y arriver. Souvent je passais par les bords du Rhin, accompagné par le jeune homme en question. Mes parents avaient un commerce et beaucoup de gens me connaissaient. Hélas, j'ai souvent croisé une bonne âme sur mon chemin qui s'empressait ensuite d'aller rapporter les faits à ma mère. "On a vu votre fille au bord du Rhin. Elle tenait la main d'un jeune homme." Je n'étais pas encore rentrée que ma mère était déjà au courant de tout. C'était enrageant! Pourtant l'excuse de la bibliothèque m'est resté une amie fidèle.

confinementAujourd'hui ce n'est plus devant ma mère que je dois me justifier, mais devant la police qui sillonne les routes pour nous encourager de rester à la maison. Mon compagnon habite à 10 kilomètres et il y a beaucoup trop de supermarchés entre nos deux domiciles pour justifier que l'un se rende chez l'autre. Les semaines de séparation commencent à être longues. Du coup nous avons trouvé l'excuse d'aller à Jardiland pour nous rencontrer à mi-chemin. Je l'attends sur le parking. Quand il arrive, on ne sait même pas si on a le droit de se prendre dans les bras ou pas. Cela se termine dans une petite étreinte maladroite. Drôle de situation. Il faut prendre un charriot par personne. C'est le règlement. Nous sillonnons les allées du magasin en admirant la beauté des fleurs dans le bonheur d'un petit moment de normalité partagé. Un vendeur nous vente les mérites d'un barbecue de luxe et on se met à rêver des bons moments passés ensembles avec des amis. Le bon vieux temps. Mais on ne peut pas s'éterniser dans une boutique. Dehors une petit queue s'est formée et attend patiemment le retour d'un chariot comme droit d'entrée. Nous vivons quand même une drôle d'époque!

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Avec le frigo rempli des courses faites ce matin, et à défaut de mieux, je me mets à cuisiner: Tarte aux blettes, gâteaux aux pommes et petits gâteaux à la noix de coco. Vive le régime! J'ai déjà pris trois kilos depuis le début du confinement. Mais bon, je ne pense pas qu'on puisse aller à la plage cette année. Alors mangeons. 

confinementPour clore la journée et nettoyer mon chantier dans la cuisine je fais appel à ma femme de ménage. En début du confinement elle était drôlement motivée pour faire le grand ménage, ranger les placards et tutti quanti. Mais elle s'en est vite lassée. Parfois j'ai l'impression que mon fils a déteint sur elle car je l'entends dire: "J'ai la flemme." Et puis quoi encore?

Allez, hop hop, à la panosse et au travail. Le repos c'est pour dimanche.

 

 

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