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Fin de la sixième semaine

confinementLes semaines passent, les racines blanches poussent, et nous voilà à la fin de la sixième semaine de confinement. Je me couche et me lève de plus en plus tard. C'est peut-être un avant-goût de la retraite. En même temps je ne suis pas en vacances. Mentalement ce n'est pas la même chose de travailler depuis la maison qu'au bureau. Je ne ressens pas la même urgence de faire les choses, de réagir à des mails, de faire des suivis. Je n'ai pas l'impression d'être efficace, et le contact direct avec les collègues me manque.

Au moins j'ai la chance inouïe d'avoir des amies qui me confectionnent des masques, même si je ne les mets pas pour l'instant. Après ma copine allemande, c'est ma collègue retraitée à qui j'apporte quelques courses le samedi qui m'a offert un masque. Elle les fabrique à partir de torchons de cuisine. Cela l'occupe est c'est très original. Un masque le matin, un masque l'après-midi. Elle en a confectionné ainsi pour toute la famille qui s'en réjouit. Et moi aussi.

 

Le début du déconfinement en Suisse et en Allemagne donne un peu d'espoir, mais tout le monde nous dit qu'il faut encore être patient. Alors on s'adapte comme on peut, chacun à sa manière. De mon côté j'ai multiplié les rencontres "accidentelles" avec les copines. C'est un des avantages d'habiter au centre ville. J'ai prêté ma tondeuse à une amie qui n'habite pas loin et j'ai certainement dérangé tout le quartier avec le bruit des roulettes sur les pavés. Les voisins ont dû être contents. En tout cas, moi je l'étais parce que mon amie m'a invité à dîner en échange.

Mercredi j'ai fait un tour au bureau pour récupérer mon écran. Cela m'a fait drôle. Je suis partie assez tôt pour me fondre dans le flot des frontaliers. Mais d'abord j'ai profité pour faire le plein. Le prix de l'essence a baissé. Evidemment pas autant que le prix du pétrole, mais c'est déjà ça de pris. Puis je m'approche de la frontière. Une petite queue s'est formée devant moi - rien comparé aux bouchons matinaux d'avant le confinement. Les douaniers suisses arrêtent chaque voiture pour demander si on a un permis. Je leur offre mon plus beau sourire mais cela ne leur suffit pas. A la vue de ma carte de légitimation ils me laissent quand même passer. Ouf.

confinementJe m'arrête à une station à essence pour acheter une vignette et suis dégoûtée devant le prix des flacons de solution hydroalcoolique. C'est du vol!

Puis c'est tout un cirque pour pouvoir pénétrer dans l'enceinte de mon travail car toutes les cartes d'accès ont été désactivées. Après plusieurs renvois de balle on me laisse finalement rentrer pour deux heures. Quel bonheur de retrouver mon bureau, mon fauteuil ergonomique et mon imprimante. Pendant que je commence à démonter les câbles de mon écran et de celui de ma collègue j'en profite pour imprimer quelques documents, surtout un rapport que je dois décortiquer et qui fait 80 pages. Une horreur à lire à l'écran! C'est fois-ci c'est décidé: je vais mieux m'équiper en informatique une fois le confinement terminé. 

J'ai un grand ficus dans mon bureau. Il m'a accompagné pendant une vingtaine d'années au moins. Le pauvre a bien souffert de notre séparation. Il me tend tristement ses branches avec des feuilles jaunissantes. Pourtant j'avais demandé à plusieurs collègues de l'arroser. Son frère dans le bureau voisin semble être en meilleur état, mais il est aussi plus facile à accéder pour l'arrosage. Vivement la fin du confinement que je puisse m'en occuper comme il faut. A condition qu'il soit encore en vie d'ici là.

Avant de repartir je profite pour retirer de l'argent au distributeur. Je fais encore partie de cette génération qui préfère payer en cash même si on essaye de plus en plus de nous en empêcher. Big Brother profite du Covid-19 pour nous rendre le cash suspect comme transmetteur de virus. Tous les moyens sont bons pour nous en détourner. Dans plein d'endroits on n'a plus le droit de payer en cash ce qui fait engraisser les banques encore un peu plus. Mais je fais de la résistance tant que je peux.

Puis je repars dans l'autre direction. Les douaniers suisses sont toujours au taquet, même dans le sens inverse, suivi des douaniers français qui veulent également savoir où je vais. Heureusement que je peux les rassurer tous. Après avoir déposé mon écran chez moi je pars chez moi collègue qui habite dans le village voisin pour lui apporter le sien. Petit papotage sur le seuil de la porte et au soleil. Nous nous sommes vues seulement virtuellement depuis le début du confinement et cela fait du bien de se côtoyer un peu en vrai. Pour finir ma virée matinale je profite de la proximité de Gamm Vert pour racheter encore de la terre et des graines de tournesol pour les verdiers qui me tiennent compagnie pendant mes repas sur la terrasse.

confinementPuis je dois installer mon matériel dans la chambre de mon fils que je squatte pour travailler. C'était très facile et logique à démonter, mais je galère pour rebrancher tous ces câbles qui pendouillent. Heureusement j'ai WhatsApp et une collègue sympa qui me guide à distance. Finalement ma place de travail est à peu près correctement installé. Le grand écran fait une énorme différence pour travailler. Il semblerait que pleins de collègues passent au bureau pour prendre leur matériel informatique, des chaises et d'autres articles de mobilier sans forcément demander l'autorisation. C'est une chose de travailler depuis la maison quand on l'a choisi avec le temps de s'installer correctement. C'en est une autre quand il faut tout arranger à l'improviste.

Pour récompenser tous mes efforts de la semaine je m'offre une boule de glace à emporter dans le restaurant d'en face. Youppie, c'est le week-end!

 

 

 

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Commentaires

  • Te voilà bien équipée pour le télétravail

  • Quel épopée bon les douaniers sont au taket et les masques il vaudrait mieux qu'ils soient obligatoire cela serait plus simple pour tous et plus sécurisent

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